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  <title>Jul @ Cape Town</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 07 Sep 2011 10:28:48 +0200</pubDate>
  <copyright>Creative Commons BY-SA 2.5</copyright>
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    <title>Épilogue</title>
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    <pubDate>Tue, 28 Jun 2005 20:03:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Au jour le jour</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;A l'heure où j'écris ces lignes, la valise est bouclée, la chambre semble bien vide et les au revoirs avec les potes se préparent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un bilan? Je me frotte à l'exercice pour mon rapport de séjour d'étude, un document qui doit aider mes successeurs à choisir leur destination et à préparer cette troisième année. Il sera bien sûr &lt;a href=&quot;http://www.julien-carnot.net/cape-town/public/uct_carnot.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;en ligne ici&lt;/a&gt; dès qu'il sera terminé et devrait répondre à bon nombre d'interrogations si Cape Town vous tente.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ici, je voudrais simplement vous dire à quel point cette expérience a été riche en enseignements et en ouverture d'esprit. Ça n'aura pas été facile, et les retrouvailles se font attendre. Mais au final, même si Cape Town est sous influence européenne, ma motivation première (voir autre chose) a été satisfaite. Et je ne peux que recommander à toutes et à tous d'aller passer quelques mois à l'étranger, de confronter ses idées reçues et ses habitudes à d'autres réalités, de découvrir d'autres façons de penser, de faire et de vivre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ensuite, je tiens à remercier mes quelques lectrices et lecteurs réguliers, celles et ceux que je connais comme celles et ceux que je ne connais pas, et j'ose espérer que les visiteuses et visiteurs plus ponctuels y ont trouvé quelque intérêt, même si les nombreuses recherches de &quot;minibus&quot; n'ont probablement pas été satisfaites.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà donc la conclusion de ce blog et de cette galerie de photos, qui resteront à votre disposition en ligne. Mais s'il vous a plu, gardez un œil sur &lt;a href=&quot;http://julien-carnot.net&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;julien-carnot.net&lt;/a&gt; à l'avenir, sait-on jamais...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Merci.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Flight delayed</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/06/26/61-flight-delayed</link>
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    <pubDate>Sun, 26 Jun 2005 21:36:51 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Au jour le jour</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;L'avion, ça sera pour demain matin, ce soir c'est hôtel... Brouillard hier, l'avion n'a pas pu se poser à Cape Town, reroutage sur Johannesburg et nos pilotes ne sont donc pas frais pour mon vol...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Arrivée sur le sol français demain en soirée... See you soon!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Namibia, Part II: dunes de Sossusvlei et Fish River Canyon</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/06/26/60-namibia-sossusvlei-fish-river-canyon</link>
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    <pubDate>Sun, 26 Jun 2005 21:24:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Découvrir les lieux</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Suite et fin du voyage en Namibie: des dunes au canyon, des images plein la tête...&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Pause à Windhoek&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après la sortie du parc, quelques centaines de kilomètres nous séparent de notre arrêt suivant, Windhoek, où nous passerons la nuit. Après un bon plat de spaghettis, on passe au bar du Cardboard box Backpacker, plutôt calme ce soir... Après une bouteille de Windhoek, la bière locale témoignant du savoir-faire allemand, on va s'écrouler dans notre dorm.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le lendemain matin, ravitaillement pour les pique-niques à venir et visite du &lt;em&gt;crafts center&lt;/em&gt;, rien de très passionnant à mon goût mais les filles trouvent quand même le moyen d'y passer plus d'une heure... Puis route au sud, sur la B1, la route principale du pays, avant de faire quelques centaines de kilomètres vers l'ouest sur les &lt;em&gt;gravel roads&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;&lt;em&gt;Gravel Roads&lt;/em&gt;&lt;/h5&gt;


&lt;p&gt;Le réseau routier namibien est un des meilleurs en Afrique australe, mais ça ne veut pas dire qu'il est entièrement goudronné! Les &lt;em&gt;gravel roads&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;dirt roads&lt;/em&gt; remplacent vite le bitume quand on ne se dirige pas vers les 5 ou 6 villes principales. Même si les compagnies d'assurance ne les aiment pas, elles sont de bonne qualité, il faut juste adapter sa conduite pour compenser la perte d'adhérence et surtout, anticiper les trous (on descend régulièrement dans le lit de rivières asséchées). La Nissan Almera se comporte étonnamment bien, vu ses 5 passagers et le coffre rempli à ras bord.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Même si les panneaux de direction sont nombreux, on a réussi sans s'en rendre compte à dévier de notre itinéraire envisagé pour passer sur un raccourci, mais là la qualité de la route s'est dégradé. Les creux plus creux, les ornières plus profondes, les bosses plus marquées, n'ont pas plu à l'arrière, heureusement que les paysages montagneux magnifiques ont compensé la perte de confort!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Camping à Sesriem&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Arrivée à Sesriem, le petit bled qui se compose en fait d'un camping et de quelques bungalows, où l'on passera la nuit en camping. Petite balade au coucher du soleil, pour un avant-goût de désert. Montage de la tente et allumage du braii s'en suivent, mais là encore, après 21h, tout le monde est crevé... Je dors dans la voiture, la tente étant prévue pour 3 personnes. Bonne nuit, jusqu'à 3h du matin, lorsque la température passe à 6°. Dur de se rendormir, je me repose encore une heure et quelques avant de me lever, le branle bas de combat étant prévu à 4h30 pour sortir du camp à l'ouverture de la barrière, à 5h30, quelques minutes avant le lever du soleil.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;60 kilomètres nous séparent encore des dunes les plus grandes du monde... Et la route, goudronnée mais battant tous les records de nids de poule parait bien longue. On doit s'arrêter sur un parking à 2km des dunes, le reste du chemin étant réservé aux 4x4.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Les dunes appartiennent à ceux qui se lèvent tôt&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Mes comparses ont la flemme de marcher, mais après avoir consulté le tarif de la navette, on s'y met... Coup de bol, 200m plus loin, un couple de retraités sud-africains visitant la Namibie en 4x4 nous proposent de grimper sur les marchepieds pour la route. Nous voilà donc devant ces dunes superbes, avec les couleurs du petit matin et des ombres qui rendent le spectacle assez hallucinant. On se paiera même le luxe d'être les premiers à entamer l'ascension de l'une des plus grandes dunes, par une trace de sentier que le sable s'acharne à effacer toutes les nuits.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il ne fait toujours pas chaud, mais l'air devient plus doux, et vu le spectacle, personne ne se plaint! Expérience hallucinante. Et dire que cette mer de sable s'étend sur des centaines de kilomètres... Les couleurs sont intenses, le dessin des dunes est impressionnant, tout comme la végétation qui subsiste dans le sable par endroit et dans les vlei, ces étangs qui ne recueillent un peu d'eau que quelques jours dans les meilleurs années. Quelques geckos se laissent apercevoir, mais ce sera tout pour la faune...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Là encore, les mots manquent pour décrire cet endroit... Et mieux encore, si vous allez le voir, il aura changé: les dunes sont dynamiques.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Direction sud-est, vers le Fish River Canyon&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après avoir squatté le 4x4 d'un couple de jeunes anglais pour le retour (vu la chaleur, je n'en étais pas mécontent), on reprend la voiture, direction est pour reprendre la B1, la route principale, vers le sud, avant de repiquer à l'ouest pour rejoindre le Fish River Canyon, le deuxième plus grand canyon au monde, que l'on a réussi à placer dans le programme par miracle.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Seulement, 20 kilomètres après que l'on ait retrouvé une &lt;em&gt;gravel road&lt;/em&gt;, alors qu'une poignée de kilomètres nous séparent encore de notre objectif, Jon pile. Au lieu du lit de ruisseau asséché auquel on s'est habitué, le panneau indique en fait une rivière, qui traverse la route. Le soleil commence à tomber, le passage à guet serait peut-être jouable, il y a 30cm d'eau sur 6 ou 7 mètres... Pas de bol, dans le pays le plus aride de l'Afrique australe. Mais on ne tente pas le diable, on choisit de passer par une autre route, on n'est plus à 50km près. Le problème, c'est que cette route est encore plus inondée.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le troisième détour fait 300 bornes, mais il est sûr... C'est parti.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;A la recherche de la Fish River Lodge.&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Arrivé à quelques kilomètres de l'autre côté de cette foutue rivière, on s'attend à trouver notre hébergement dans les 5 minutes. Erreur. Le panneau indique encore 24km, et cette fois ci, hors &lt;em&gt;gravel road&lt;/em&gt;. Un minuscule chemin au milieu de nul part, de plus en plus étroit et rempli de bosses, on se demande à chaque passage de barrière ce qui nous attend... On les maudits, ces gens qui ont l'idée d'implanter un backpacker aussi inaccessible. Je m'offre même une sortie de route, virage à 180° non signalé, sympa! Enfin bon, on arrive enfin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout est éteint, on est au comble du glauque... Finalement, quelqu'un vient à notre rencontre, visiblement effaré par notre présence. On raconte notre histoire, puis on s'installe dans l'étable, sans électricité et remplie de matelas pourris pour le prix d'un bon lit de backpacker, mais bon, on ne va pas se plaindre.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Le Canyon&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Le lendemain matin, on part visiter le canyon dans le pick-up, on se fait bien secouer dans la benne, mais les paysages sont au-delà de ce qu'on aurait pu imaginer de nuit. Après une pause sur une hauteur, on descend dans le canyon en pick-up, c'est raide mais ça passe. Deuxième arrêt, on nous dépose pour une mini rando le long de la rivière... Là encore, les plantes et le décor sont hallucinant, notre détour valait le coup! A midi, retour à la &lt;em&gt;lodge&lt;/em&gt;, il est temps de reprendre la route, j'ai un exam le lendemain matin à presque 1000 km au sud! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;On the road again, direction l'hiver!&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;On découvre les paysages du sud de la Namibie de jour, impressionnant de vide et d'aridité... Les routes sont strictement droites sur des dizaines de kilomètres... Passage de la frontière sans problèmes, franchissement du fleuve orange, de retour au pays! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt; Le reste de la route est sympa, le Namaqualand commence tout juste à se couvrir de fleurs sauvages, impressionnant...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par contre, on redécouvre les nuages en arrivant dans le Western Cape et voilà qu'il pleut quand on arrive dans le Cederberg... Et à l'approche de Cape Town, c'est le déluge... Mission accomplie, une pizza, une douche et repos pour l'exam du lendemain!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jetez un œil sur &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/julien-carnot/sets/72157614779175605/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;les photos&lt;/a&gt;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Namibia, part I: Etosha</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/06/23/59-namibie-etosha</link>
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    <pubDate>Thu, 23 Jun 2005 15:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Découvrir les lieux</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Enfin reposé des 5270 kilomètres de routes avalés en 6 jours, me voilà prêt à vous raconter tout ça!&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Sur la route&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;La première soirée a été passée dans la voiture, cap au nord... On avait prévu de dormir à Springbok, en Afrique du Sud, à quelques 150 kilomètres de la frontière, mais arrivé devant notre hôtel, son aspect glauque à la limite du bordel recouvert de néons nous a fait changer d'avis... Jon et moi, les seuls deux conducteurs pouvant conduire une voiture à boîte manuelle, sommes encore en forme, alors après avoir cherché un autre endroit dans cette petite ville totalement déserte ce soir là, on continue notre route.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Passage de la frontière, du pont sur le fleuve Orange, sans problèmes... On ne voit pas grand-chose de la Namibie, au-delà du faisceau de nos phares... Sur la route principale du pays, qui ressemble fort à une bonne départementale, on continue notre chemin, en prenant des quarts, ça me rappelle quelques navigations de nuit! Au ravitaillement en essence, on découvre les Dollars namibiens, maintenus à parité avec le Rand sud-africain, ce qui nous évite le passage au bureau de change.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1300 bornes au compteur, le soleil se lève doucement sur un paysage moins désertique que ce que j'imaginais... Si tout est plat, les arbustes et les quelques montagnes font tomber mes idées reçues...  Quelques dizaines de kilomètres plus tard, arrêt dans la capitale, Windhoek, pour le petit déjeuner. La nuit n'a pas été des plus confortables mais tout va bien, on découvre les influences d'outre-rhin dans cette ancienne colonie passée sous domination sud-africaine après la Première guerre mondiale, la ville est sympa, mais sans plus... On continue la route vers le nord.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après une pause déjeuner/goûter à Otjiwarongo, un bled sympa, puis encore deux heures de route, on arrive à Tsumeb, où l'on a prévu de passer la nuit. En arrivant au backpacker que l'on avait réservé, on comprend pourquoi on a eu du mal à joindre les backpackers depuis Cape Town, le guide officiel des visiteurs en Namibie est bourré d'erreurs, et le backpacker que l'on avait réservé est non pas à Tsumeb, mais à Swakopmund, LA station balnéaire du pays, à 500 kilomètres au sud-ouest! Heureusement, il y a de la place, après une balade dans cette petite ville centenaire très sympathique, on investit notre dortoir, se prépare une bonne platée de spaghettis, puis vers 20h, on va se coucher, un peu lessivés par ces kilomètres. Le lendemain, on prévoit de se lever à 5h30 pour arriver aux portes d'Etosha à l'ouverture. La nuit fut bonne!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Etosha National Park&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;On dispose de deux jours pour visiter ce parc immense, même s'il a été réduit de 100 000 km² à 25 000 km², il reste de quoi faire! Juste avant de passer l'entrée, on tombe sur une girafe qui se promène sur le bas côté! Impressionnant animal, tant pour ses 4,5m de hauteur que pour ses cils à faire pâlir d'envie les utilisatrices de mascara! Lever de soleil tranquille dans le parc, on s'arrête dans Namutoni, le premier des trois camps, pour payer notre permis (comptez 5 € pour les deux jours!) et récupérer une carte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis on commence notre parcours. Les instructions sont claires, hors de question d'ouvrir une portière ou encore moins de descendre, avec 300 lions dans le parcs et un nombre indéterminé de léopards ou autres cheetahs, sans parler des rhinocéros. Les premiers springboks, black-faced impala ou red hartebeest retiennent notre attention, tout comme les 3 ou 4 girafes qui dégustent quelques feuilles d'arbres, ou encore les deux zèbres qui se promènent sur les bords de l'immense étang asséché depuis quelques milliers d'années qui a donné son nom au parc. Les lumières sont splendides, les couleurs intenses, la sensation d'espace hallucinante... Très rapidement, je me dis que je pourrais passer un bon mois dans ce parc avec un bon appareil photo sans m'ennuyer!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pose ptit déj au camp, avant de parcourir une autre boucle et de découvrir les nombreux points d'eaux auxquels les animaux sont abonnés, étant donné les faibles pluies des dernières semaines. Les springboks, au nombre de 20 000 dans le parc, sont omniprésents, les zèbres, qui sont plus de 6000, se montrer un peu plus, les oiseaux sont tout aussi fascinants, sans parler des paysages, oscillant entre la savane, le désert et la petite forêt, avec des arbres morts qui mettent des dizaines d'années à se décomposer. À un point d'eau, on s'arrête derrière une voiture qui déborde de jumelles et de téléobjectifs, même si l'on ne voit rien... Ce sont 4 ou 5 lionnes, bien cachées dans les herbes, un peu à l'ombre, qui en bonnes félines, passent le plus clair de leur temps à ne rien faire. On ne peut que deviner leurs silhouettes, et après quelques minutes passées à espérer qu'elles bougent un peu, on continue, à priori, on devrait avoir l'occasion d'en voir d'autres!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On enchaîne les points d'eau et les chemins, avec des succès plus mitigés... Sur les 1500 éléphants présents, on finit tout de même par en voir un, monopolisant une flaque pour boire quelques dizaines de litres, avant de remuer la vase blanche et de s'en asperger totalement, belle régulation thermique, il fait plus de 30°, mais je ne suis pas sûr que cette technique soit au goût des zèbres et springboks qui attendaient leur tour pour boire!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'après midi passe, l'observation des girafes, oiseaux et autres caméléons rend la voiture bien plus agréable que le jour précédent. Pourtant, les points d'eau les plus réputés sont relativement déserts, enfin comprenez par là qu'il n'y a que quelques dizaines de zèbres et d'antilopes et une poignée de girafes, mais pas les grands groupes d'éléphants, de lions, de rhinos, ou les panthères que l'on aimerait voir... Limite blasés!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Relâche au camp d'Okaukuejo, dans lequel on passera la nuit. En réservant le bungalow, on découvre que la Namibie, à l'inverse de l'Afrique du Sud, pratique l'heure d'hiver, et que l'on a traversé le pays et passé plus de 24h sans s'en apercevoir... Voilà qui explique le retard du tenancier du backpacker à Tsumeb pour nous laisser libérer les lieux, ainsi que notre arrivée devant les portes du parc encore fermées! Et dire qu'on avait passé les deux dernières semaines à se documenter sur le pays!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une petite marche vers le point d'eau artificiel attenant au camp, qui sera éclairé cette nuit... Pour l'instant, un impala et un kudu, mais il parait que les éléphants peuvent y être nombreux... Un plongeon très apprécié dans la piscine du camp avant le coucher du soleil, puis retour au point d'eau, désespérément désert. Vers 20h, on se décide pour le buffet dans le restaurant du camp, mauvais rapport qualité prix mais ça nous fait un repas plus varié. Puis retour au point d'eau, cette fois-ci plus peuplé: entre les chacals et une hyène tachetée qui se balade dans les parages avec une démarche des plus caricaturales, quelques rhinocéros font leur apparition. Sans vouloir être méchant, ces animaux n'ont pas l'air des plus futés... Partant en courant devant leur reflet dans l'eau une fois sur deux, leur mauvaise vue semble se confirmer, et leurs interactions sont assez maladroites, du genre je charge avant de découvrir que je te connais... L'instinct maternel reste toutefois bien développé, il ne faut pas jouer avec le petit...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vers 23h, on va se coucher, pour Jon, Julie et moi, ça sera lever avant 6h pour précéder le soleil, mais Ann et Emilie ont besoin de sommeil. Le lendemain, rien à se mettre sous l'œil au point d'eau, on décide de prendre la voiture pour aller voir un autre lieu bien plus côté, misant sur l'activité matinale de la plupart des animaux, pendant que nos camarades finissent leur nuit. Arrivant à ce point d'eau, nous sommes les premiers, on s'étonne de ne trouver qu'un springbok, on se dit qu'on s'est fait avoir par la brochure. On s'approche quand même...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et là, d'un coup, on se rend compte que ce sont des lionnes qui sont au bord de la route... 5 d'après le premier décompte, on n'y croit pas, mais en se rapprochant encore, on en découvre en tout 17! Puis plus tard, le mâle, à l'écart, mais qui n'en impose pas moins... J'ai encore du mal à y croire. Ces énormes chats se réveillent doucement, baillant, léchant leurs énorme pattes... On reste scotchés 5 minutes avant de se dire qu'il faut absolument qu'on aille réveiller les autres. Une demie heure plus tard, on est de retour, cette fois parmi 6 autres voitures puis un car, les lionnes sont toujours aussi paisibles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques impalas se rapprochent, puis découvrent les prédateurs, mais commencent à bramer plutôt que de s'enfuir. Les lionnes restent tranquilles. Plus tard, ce sont des springboks qui débarquent avec quelques zèbres. Là, prêtes pour le petit déjeuner, les lionnes se mettent à l'affût, se collant les unes aux autres, ne laissant pas dépasser une oreille... Malgré les imprudences de quelques proies, pas de mouvement, les impalas passent à quelques mètres du mâle. Retour au camp pour libérer le bungalow, n'y croyant toujours pas.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On continue notre route vers l'ouest du parc, par les petits chemins... On a placé la barre assez haut, mais les phacochères et les kudus, qui semblent être entre antilopes et chameaux, nous occupent. Puis on arrive sur un point d'eau bien peuplé: de dizaines de zèbres, un éléphant, une girafe, des kudus, des autruches, des phacochères, des springboks, des gemsbok, des impalas, des oiseaux mais aussi un chacal qui a goûté au sabot d'un zèbre après lui avoir mordu la patte, et qui s'en est éloigné en ricanant... L'éléphant n'est pas très partageur pour l'eau: il chasse à plusieurs reprises les zèbres, puis même le kudu mâle, qui en impose pourtant. Tout ce beau monde réuni, quel spectacle!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On retrouve les bords de l'étang asséché, l'horizon semble à des milliers de kilomètres... Les mirages sont nombreux, on croirait à une mer. L'après midi arrive, on s'approche doucement du troisième camp, en jouant à qui trouvera le plus de girafes ou de springboks autour de la route, puis on fait une pause pour manger avant de reprendre la route vers le sud. Même sans léopard ou cheetah, Etosha n'aura pas failli à sa réputation, c'est vraiment un endroit à ne pas rater si vous avez l'occasion d'aller en Namibie! S'il vous faut des preuves, allez voir &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/julien-carnot/sets/72157614779100989/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la petite sélection de photos&lt;/a&gt;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.julien-carnot.net/cape-town/2005/06/26/60-namibia-sossusvlei-fish-river-canyon&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;La suite au prochain épisode!&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Fin de semestre...</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/06/13/58-fin-de-semestre</link>
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    <pubDate>Mon, 13 Jun 2005 11:19:06 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Au jour le jour</category>
            
    <description>&lt;p&gt;A deux semaines du retour, deux exams sur trois passés, un petit point sur ce qui va m'occuper d'ici là!&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;L'hiver est là, et le temps est propice aux révisions. Les exams d'environmental history et de religious studies sont déjà passés, sans trop de surprises, on verra bien ce que ça donne! Mon prochain exam tombant le 21, j'ai donc quelques jours de libre devant moi...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ça fait un moment que ça me démange d'aller faire un tour en Namibie, ce pays aux paysages désertiques grand comme une fois et demi la France et peuplé de deux millions d'habitants... Je vous en parlais en novembre, quand je me suis rabattu sur le nord de l'Afrique du Sud pour mon petit voyage en solo. Cette fois, c'est la bonne. Depuis un mois, on a convenu de voyager ensemble avec Jon et Julie et Ann, deux autres amies américaines. Le plan initial était de traverser le Botswana, à partir de Johannesburg, pour rejoindre les chutes de Victoria, l'une des 7 merveilles naturelles. Vu notre planning très serré, entre nos exams respectifs et vu la difficulté apparente de trouver des hébergements genre backpackers au Botswana, le plan est tombé à l'eau...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les autres se sont donc résignés à la Namibie, pour mon plus grand plaisir, non pas que le Botswana et la Zambie ne me tentaient pas, mais ce dernier plan me semble un tout petit peu moins irréaliste! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt; Emilie nous rejoint, ce qui nous fera un voyage à l'américaine (comprenez qui couvre des milliers de kilomètres en quelques jours sans prendre le temps de se poser où que ce soit) à 4,5 américains, même si je ne m'en plains pas, vu ce que nos calendriers respectifs nous laissent: une période de 6 jours, du 14 au 20 juin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au programme, location d'une voiture demain, puis cap au nord pour traverser l'Afrique du Sud au plus vite, puis route vers le Parc National d'Etosha, l'un des plus grands et plus connus au monde, où l'on passera deux journées, avant de redescendre vers le sud de la Namibie, pour un détour vers les dunes de Sossusvlei dans le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Désert_de_Namib&quot;&gt;Désert de Namib&lt;/a&gt;, qui sont les plus hautes du monde, avant de rejoindre Cape Town. Oui, les distances sont énormes, mais avec deux conducteurs, on espère que ça le fera!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà, attendez vous donc à quelques jours de plus sans nouveautés sur ce site, mais à un album photo bien rempli et un gros topo sur le voyage en différé...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Les cours, c'est fini...</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/05/27/54-cours-fini</link>
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    <pubDate>Fri, 27 May 2005 13:24:33 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Étudier à UCT</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Hé oui, après une période bien chargée en &lt;em&gt;essay&lt;/em&gt;s de fin de semestre, je suis en &lt;del&gt;vacances&lt;/del&gt; révisions! Comme le veut la tradition, je vous propose un petit bilan de mes cours...&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Environmental history (HST329)&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Lassé par l'histoire contemporaine traditionnelle, voilà un cours qui a su réveiller ma fibre historienne! Bon, le terme réveiller n'est peut être pas le plus approprié, étant donné que le cours est à 8h trois jours par semaine, mais je le recommande vivement. Une dizaine d'étudiants max pour un prof très calé sur le sujet, dans une discipline encore jeune mais prometteuse, qui permet de revisiter le passé colonial et son impact sur la société actuelle à travers un autre prisme. Plus précisément, ça donne des &lt;em&gt;lectures&lt;/em&gt; sur l'épistémologie de la discipline pendant la première semaine, avant de se pencher sur des points plus pointus comme les arbres dans la colonie du Cap, la mise à l'index et l'extermination des espèces jugées nuisibles (où l'on apprend notamment que les Rock Dassies se sont fait décimer, en plus de tout ce qui peut attaquer un mouton ou coloniser un champs), les diagnostics d'apocalypse environnementale, les rapports de force entre État et minorités à travers son action sur leur territoire, le rôle de l'environnement dans la construction de l'identité nationale... Bref, très intéressant, il faut suivre le rythme du prof mais on s'y fait vite et on se laisse porter!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Religion, conflict and violence (REL 337)&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Ici, ce fut la grande déception... Cours divisé en trois parties dirigées chacune par un prof différent, sur des lignes qui à mon avis condamnait toute réflexion un peu  approfondie sur le sujet:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Christianisme&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Islam&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Religions africaines&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;

&lt;p&gt;Ajoutez à cela que les deux premier profs sont des théologiens des religions qu'ils traitent, donc qu'ils ont du mal à faire preuve d'un semblant d'objectivité, et vous obtenez un grand gâchis... Les choses que j'y ai appris sont plus des dégâts collatéraux qu'autre chose: un début de pourquoi du massacre entre Hutu et Tutsi au Rwanda, la notion d'Ubuntu (en gros, je suis parce que les autres et les ancêtres sont), un approfondissement sur le fondamentalisme, puis quelques soupçons de connaissances sur la &quot;sorcellerie&quot; en Afrique. Autrement dit, on a peu approché la relation entre religion (et pas religions) et violence, chacun a reconnu quelques exemples de violence, de préférence indéniables et connus, puis voilà...&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Policy and administration (POL337)&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Finissons sur une note positive! Ce cours, donné par un prof anglais à Cape Town depuis quelques années, est très intéressant et complète très bien mes deux précédents cours de politiques ici. Après un peu de théorie, on passe vite à des études sur des enjeux très actuels: l'eau et l'infrastructure sanitaire, l'énergie, les politiques environnementales, mais aussi l'éducation et la santé, à chaque fois avec une étude de la situation actuelle, des défis que les ministères doivent relever, de leurs moyens et de leurs stratégies. Le prof est sympa et connait le domaine, même s'il a dû assurer les parties sur l'éducation et la santé au pied-levé, le prof suivant censé venir de l'étranger ne s'étant pas pointé. Pour couronner le tout, les sujets d&lt;em&gt;'essay&lt;/em&gt;s sont bien plus intéressants que la moyenne: le but est de lier les éléments, de voir comment certains problèmes peuvent nécessiter l'intervention coordonnée de plusieurs secteurs... Bref, on a de quoi réfléchir et ça fait du bien!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maintenant, reste donc à récupérer les derniers &lt;em&gt;essay&lt;/em&gt;s, puis à passer les trois exams! La suite au prochain épisode &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>New South Africa?</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/05/14/56-new-south-africa</link>
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    <pubDate>Sat, 14 May 2005 12:08:49 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Société, politique et histoire</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ces mots sont partout... Et c'est vrai que les dix dernières années ont vu pas mal de changements dans le pays! Pourtant, l'expression en elle-même n'a rien de nouveau.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Loin de moi l'idée de minimiser les changements intervenus depuis les premières élections démocratiques en 1994, mais l'overdose de &lt;em&gt;New South Africa&lt;/em&gt; devient suspecte... Un peu comme une &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_Cou%C3%A9&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;méthode Coué&lt;/a&gt; à l'échelle d'un pays! Si tout ne va pas pour le mieux, ce n'est qu'une affaire de temps, après tout, on est dans un &quot;nouveau&quot; pays.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Des droits enfin reconnus, l'ascension de l'&lt;acronym title=&quot;African National Congress&quot;&gt;ANC&lt;/acronym&gt; au pouvoir et quelques cas de &lt;em&gt;Black Economic Empowerment&lt;/em&gt;, ou d'Africains qui accèdent enfin à des fonctions de cadres ou de dirigeants, si vous préférez, une évolution vers plus de reconnaissance aux cultures indigènes... Certes. Mais un nouveau pays? Allez demander ce qu'ils en pensent vraiment à ceux qui sont encore entassés dans les townships. Il l'attendent toujours ce nouveau pays!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais le plus intéressant, c'est que l'expression &lt;em&gt;New South Africa&lt;/em&gt; elle même a été lancée il y a... 95 ans! 1910, les anglais ont gagné contre les républiques Boer, formées par les colons hollandais. Les deux camps se sont entre-tués et ont par la même occasion inventé les &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Boers#Les_camps_de_concentration&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;camps de concentration&lt;/a&gt;: les anglais, las de la guérilla, ont fini par brûler villages et champs, puis prendre en otages vieillards, femmes, enfants et serviteurs. Pour instaurer un &lt;em&gt;dominion&lt;/em&gt; les regroupant, il fallait bien une trouvaille de marketing géniale, en plus des quelques faveurs accordées aux perdants...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et c'est ainsi que l'expression &lt;em&gt;New South Africa&lt;/em&gt; est apparue: on efface tout, on recommence, on est un pays jeune alors si tout n'est pas idéal, il suffit d'attendre... Et vu combien ça a marché la première fois, il aurait été dommage de s'en priver!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La construction de Table Mountain</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/05/06/55-symboles-table-mountain</link>
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    <pubDate>Fri, 06 May 2005 17:28:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Société, politique et histoire</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Non, l'une des plus célèbres montagnes du monde n'est pas une simple formation géologique, une oeuvre de la nature. Depuis qu'elle a été découverte par les premiers hommes, elle est utilisée comme symbole. Et je vous propose un peu d'histoire des trois derniers siècles à travers celle de cette montagne (c'est la seule période qui ait été vraiment étudiée jusqu'à présent).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Si vous n'êtes pas très calés en histoire de l'Afrique du Sud, je vous conseille fortement la lecture de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l&amp;#039;Afrique_du_Sud&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;l'article de Wikipedia sur le sujet&lt;/a&gt;, voire &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_South_Africa&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;sa version anglaise&lt;/a&gt;, encore plus complète.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Le symbole du comptoir de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_n%C3%A9erlandaise_des_Indes_occidentales&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Dutch East India Company&lt;/a&gt;&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Le premier européen à être monté sur Table Mountain est le portugais Saldanha, qui en 1503 avait besoin de s'orienter. Quand Jan van Riebeeck arrive en 1652, l'escale de ravitaillement se prolonge et débouche finalement sur l'établissement d'un comptoir. Il arrive par Table Bay, à l'endroit qui deviendra le port de Cape Town, et voit donc la face nord de la montagne comme elle est représentée sur tous les logos et cartes postales aujourd'hui, ou plutôt devrais-je dire que nous essayons de voir la montagne comme il l'aurait vu...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les premières fermes s'installent au pied de Devil's Peak, à Rondebosch, et la première haie, symbole de la domestication de la nature, est censée être encore debout à Kirstenbosch, au pied de la face est. La montagne est donc un lieu central dans le développement du comptoir, mais à part quelques aventuriers, personne ne va s'y promener le dimanche!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Un lieu réservé aux esclaves&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Jusqu'à son abolition en 1833, l'esclavage faisait partie du paysage dans la colonie et à défaut de charbon ou d'électricité, le bois était utilisé dans tous les foyers. Ce sont donc les esclaves qui sont envoyés dans la montagne pour ramener du bois, les maisons les plus riches déléguant un ou deux esclaves à temps plein à cette tâche. Pour les colons, c'est donc un lieu infréquentable, voire dangereux: les esclave en cavale y trouvent également refuge...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ajoutez à cela quelques légendes affirmant au choix l'existence de monstres, ou encore la présence d'un lac recouvrant toute la Table et d'ancres marines jonchant son fond, et vous comprendrez que ça n'attire pas les foules... Pourtant, au tournant du XVIIIe siècle, le romantisme britannique fait changer les habitudes.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Le lieu où l'aristocratie vient chercher le grand frisson&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;L'ascension de la montagne devient un loisir pour les habitants et tous les carnets de voyageurs la relatent. Cependant, si vous imaginez l'aristocratie locale partir à l'aventure, vous êtes loin du compte... Pour deux visiteurs, comptez 15 ou 20 esclaves pour porter chaises, tables, nourriture et de quoi enjouer le tout avec de la musique!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si les normes de confort de la promenade se sont un peu démocratisées, les récits d'expériences restent semblables: on y vient cherche le grand frisson de la confrontation avec le divin et une forme de &lt;em&gt;memento mori&lt;/em&gt;, un rappel de son insignifiance. Extase, chants et cris sont donc de mise. Après tout, c'est souvent la première fois que l'on domine la terre et la ville en contrebas, que l'ont voit le monde comme on pense que Dieu le voit, alors comprenez l'émoi!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Un lieu sauvage à domestiquer&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Dans le dernier quart du XIXe siècle, le romantisme laisse place à l'exploitation de la montagne. On utilise les prisonniers pour construire les routes et les chemins, pour planter des arbres: sans eux, la montagne serait encore nue, ce qui révolte l'esprit victorien qui plane sur la ville, cachez cette roche que je ne saurais voir! Et accessoirement, les pins, à la croissance rapide, exploités grâce au travail forcé, font tourner les affaire. Mais Cape Town, en pleine expansion, a besoin d'eau. Et malgré sa silhouette, la montagne fait un excellent château d'eau! Dans les années 1890, trois réservoirs sont creusés, des canalisations sont posées. Et pendant la décennie de travaux, un village s'installe sur la Table: commerces, bureau de poste, tout est fait pour que la main d'oeuvre ne perde pas de temps à aller en ville.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Entre ouverture et fermeture au public...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Au début du XXe siècle, un projet de complexe hôtelier est soutenu par la ville. Golfs, piscines, une vraie station suisse à 1000 mètres d'altitude, à l'endroit où se trouve actuellement la station du téléphérique! Tenu en échec par les derniers romantiques, qui formeront plus tard le Mountain Club, une organisation qui se charge de la défense des privilèges des aristocrates romantiques, le projet sera abandonné. Mais en 1929, le téléphérique est mis en service. Sa capacité sera doublée en 1997, avec un nouveau téléphérique de fabrication... suisse. La montagne est ouverte aux touristes et aux classes moyennes, pari perdu.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Face est vs. Face nord, deux symboles opposés&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Du coup, sous l'influence &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cecil_Rhodes&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lord Cecil Rhodes&lt;/a&gt;, businessman &quot;anglo&quot; devant se fondre dans le moule afrikaner, les bonnes gens se sont détournés de la face nord, pour représenter la face est, symbolisant la campagne et les fermes des premiers habitants, mais aussi le lieu de résidence des &quot;anglos&quot;, qui se sont écarté de la ville depuis la construction de la voie ferrée vers False Bay.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le modèle représenté depuis des siècles est donc snobé au profit de la vue des jardins de Kirstenbosch vers Maclear's Beacon, le point culminant de la Table, mais
ce ne sera pas pour longtemps. A la mort de Rhodes, &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jan_Smuts&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Jan Smuts&lt;/a&gt; reprendra le symbole de la montagne et s'y rendra plusieurs fois avec le Mountain Club, mais après lui, plus de héraut pour la face est.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'apartheid rétablit la symbolique de la face nord, notamment en l'illuminant à partir de 1952, et Mandela lui aussi posera volontiers devant cette face nord, qu'il a pu contempler pendant ses années à Robben Island.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ironie de l'histoire, c'est maintenant Thabo Mbeki, le président actuel, qui pose lui plutôt avec la face est en arrière plan, au lever du soleil sur Devil's Peak, à partir de la résidence présidentielle de Cape Town, qui n'est autre que... la demeure de Rhodes!!! Recyclage de symboles, quand tu nous tiens!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si le sujet vous passionne et que vous aimez les illustrations et photos anciennes, je vous recommande ce livre:&lt;br /&gt;
Nicholas Vergunst, &lt;em&gt;Hoerikawaggo: Images of Table Mountain&lt;/em&gt;, ed:The South African National Gallery (January, 2001), ISBN: 1874817278&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Sources:&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Cours d&lt;em&gt;'Environmental History&lt;/em&gt; de Lance Van Sittert&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Table_Mountain&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://winelands.hotelguide.co.za/looking-back-table-mountain.pdf&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Looking Back: Table Mountain&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Proudly South African</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/04/13/34-proudly-south-african</link>
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    <pubDate>Wed, 13 Apr 2005 13:13:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Société, politique et histoire</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Une surprise en arrivant dans le pays, que j'avais oublié de partager avec vous: les sud-africains sont experts dans la fierté nationale, voire le nationalisme, même si celui ci n'est pas xénophobe...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Tout commence dans l'avion de la &lt;em&gt;South African Airlines&lt;/em&gt; entre Johannesburg et Cape Town, où vous trouvez sur votre emballage de sandwich la mention &quot;Proudly packaged by SAA&quot;. On s'étonne de cette fierté assez modeste, mais bien affichée. Et pourtant, au fil du temps, un logo revient très souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/psa.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shosholoza, le défi sud-africain pour l&lt;em&gt;'America's Cup&lt;/em&gt;, ne déroge pas à la règle: il est &lt;a href=&quot;http://www.proudlysa.co.za/&quot; hreflang=&quot;en&quot; title=&quot;Proudly South African campaign&quot;&gt;Proudly South African&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit sur un ordinateur assemblé dans le pays, sur n'importe quel emballage de produit alimentaire, sur le bateau pour  ou sur une enseigne de boutique quelconque, les couleurs du drapeau sont partout regroupées sur cette étiquette. Derrière tout ça, un groupement de &lt;em&gt;big businesses&lt;/em&gt; nationaux, encourageant à tout prix la consommation de leur produit plutôt que toute importation... Le protectionnisme via le marketing, il  faut innover quand on veut conserver sa place dans la catégorie des pays qui sont &lt;em&gt;open for business&lt;/em&gt;, éviter d'être pointé du doigt à l'&lt;acronym title=&quot;Organisation Mondiale du Commerce&quot;&gt;OMC&lt;/acronym&gt; et par conséquent faire fuir tous les investisseurs étrangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on peut écarter l'hypothèse de la campagne de marketing diablement efficace qui a réussi à convertir la société au patriotisme économique, ce n'est pas non plus une simple réaction économique d'un pays dont les exportations ont souffert de la mention &lt;em&gt;Made in South Africa&lt;/em&gt; après les émeutes à Soweto en 1976, lorsque le reste du monde a commencé à ouvrir les yeux sur l'Apartheid. Il y a là plus qu'une revanche d'étiquetteurs. C'est la population dans son ensemble qui est fière: les T-shirts reprenant le logo ou le slogan fleurissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas non plus une fierté au penchants xénophobes: le panafricanisme est toujours en vogue, l'Afrique du Sud est un leader du &lt;acronym title=&quot;Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique&quot;&gt;NEPAD&lt;/acronym&gt;, Thabo Mbeki semble s'occuper autant des affaires du pays que de celles du continent. Certes, les gens ont tendance à ne pas porter les nigériens dans leur coeur (ils sont considérés comme des scammeurs - arnaqueurs -, voleurs ou dealers en puissance), mais bon, rien de très exceptionnel!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans la &lt;em&gt;Rainbow Nation&lt;/em&gt;, la nation arc-en-ciel, tout n'est pas si rose que ce que certains (l'&lt;acronym title=&quot;African National Congress&quot;&gt;ANC&lt;/acronym&gt; en tête) voudraient le laisser croire. La démocratie est encore bien fragile: en 1997, plus de la moitié des sud-africains auraient préféré y renoncer contre des services publics qui fonctionnent, et vu la lenteur des progrès, on peut imaginer que les chiffres n'ont pas sensiblement évolué. Les inégalités ont progressé depuis la chute de l'apartheid: l'Afrique du Sud est la seconde société la plus inégalitaire au monde, après le Brésil. Et les habitants des townships ont l'impression que la démocratie ne tient pas ses promesses. Contre cela, les logos et les slogans ne suffiront pas à entretenir l'illusion pendant très longtemps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgré cela, quand on s'exprime en public, il est de bon ton de se déclarer &lt;em&gt;Proudly South African&lt;/em&gt;. Même si en discutant avec des étudiants, on découvre que certains éprouvent une sincère honte en regardant l'histoire de leur pays et ce que leurs parents et grand-parents ont accepté, alors que la colère monte chez les autres qui ne voient pas les changements arriver jusqu'à ceux qui ont été les victimes de l'apartheid et qui restent aujourd'hui sur le carreau.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Dans le laboratoire de micro-sociologie...</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/04/04/49-dans-la-coloc</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7f04a18513469594b8435f065a4524c9</guid>
    <pubDate>Mon, 04 Apr 2005 08:44:30 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Vivre à Cape Town</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Ça fait un moment que je pense à écrire ce qui suit... Si l'auberge cape townienne n'avait pas un peu évolué, on se serait ennuyé! A l'épreuve du temps, les colocataires se dévoilent et les tensions émergent. Et moi, vu que je n'ai pas eu l'occasion d'être vraiment affecté, je regarde ça avec amusement!&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Deux éléments &quot;pertubateurs&quot;...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après les premiers jours, certains n'avaient pas perdu de temps pour essayer de renforcer leur faction. Ewi, qui se révèle être un chieur de première, m'avait fait part de ses vues sur la coloc: &quot;ça me fait vraiment chier d'être avec des américains, je suis venu ici pour voir des africains...&quot;. Ça pourrait se défendre, je serais déçu de vivre avec 6 français,  mais à mon humble avis, l'exotisme qu'il recherche n'est pas une garantie d'élargissement d'horizons et de relations riches qui vous font avancer. Je n'ai pas acquiescé, récupération ratée. Depuis, il passe le moins de temps possible dans la maison principale et quand il vient, c'est pour faire chier pendant une demie heure parce qu'il ne trouve pas le bac à linge, répétant que ça serait bien que certains fassent preuve de savoir-vivre, et là j'ai aquiescé, mais je pensais à lui! Il a également refusé de payer l'électricité qu'on lui avait avancé -7 euros-, sous prétexte qu'il en utilisait peu, puisqu'il passe peu de temps à la maison, eh oui, il a une vie sociale lui! Le lendemain, il prenait l'avion pour une semaine de vacances en Namibie. Ayant compris que ça ne passerait pas, il a fini par passer à la caisse. Il y a des coups de boule qui se perdent! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ses potes dans la maison sont Aaron, qu'il héberge en cachette pour une durée indéterminée et qui est plutôt sympa, et Jen, qui m'avait fait une forte impression dès les premiers jours. Une pouf made in USA, qui passait son temps à se plaindre que tout ne ressemble pas à ce à quoi elle était habituée à la maison, que je soupçonne d'avoir plus de jambes que de points de QI. Et elle est dans la norme, niveau nombre de jambes. Bref, elle est là pour la bière pas chère et la plage. Tout le monde a très vite senti qu'elle n'était pas très bien dans cette maison, et elle a confié à celui qu'elle connaissait un peu mieux qu'elle n'aimait personne ici. Ça s'est su... Encore mieux, discutant sur la terasse avec Ewi, un soir, ils se sont foutu de la gueule d'Emily, qui avait sa fenêtre ouverte, juste au dessus de la terasse. Bien joué!!! Mais une fuite majeure nous est parvenue via une de ses copines, encore plus atteinte, qui a dit à Carrie, comme si de rien était: &quot;c'est pas facile de trouver un logement pour Jen!&quot;... Et en effet, ça n'a pas été facile, mais un bon mois plus tard, elle a trouvé: elle a déménagé hier, Ryan prendra sa place. Je l'ai croisé une ou deux fois, pas assez pour savoir ce que ça donnera, mais il n'est pas du genre à rentrer bourré à 4h du mat en gueulant dans toute la maison. Oui oui, ça aussi elle l'avait fait.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Mais plein de gens sympas!&lt;/h5&gt;


&lt;p&gt;Voilà pour les éléments bordelogènes. Shaun, que je croyais canadien, est en fait Sud-Africain d'origine, il a passé la première partie de sa vie à Joburg et était au Canada depuis une dizaine d'années. Pour lui, c'est le retour au pays, et là encore déception de ne pas être avec des nationaux. Il a tenté de décrocher une place en internat, mais ça n'a pas marché, ce sera pour le semestre prochain. Mais il s'est inscrit à l'&lt;acronym title=&quot;African National Congress&quot;&gt;ANC&lt;/acronym&gt; Youth League et voit du monde. Et surtout, il est cool, ce n'est pas le genre de mec qui fera chier, discret, il passe pas mal de temps devant les 2 chaines de télé qu'on reçoit mal, et ne se braque même pas sous les moqueries un peu limite qu'il a dû essuyer. En effet, étant maintenant trop loin pour partir avec un mois de vivres sous forme de sacs de plats cuisinés par sa mère, il est fort dépourvu: il mange au fast food du coin, ou achète de la nourriture pour bébés, ce qui a pas mal fait rire. On a essayé de se rattraper en lui apprenant les bases (cuire des pâtes, couper quelques légumes), mais ça n'a pas vraiment marché.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Waldemar, protestant sur-pratiquant m'a plusieurs fois cherché sur le terrain religieux, voulant m'enrôler dans le &lt;acronym title=&quot;Young Men Christian Association&quot;&gt;YMCA&lt;/acronym&gt; (fan des Village people, range ton sourire, même si leur violente homophobie cache certainement leur refoulement!), où il passe le plus clair de son temps quand il n'est pas en cours. Echanges assez marrants rétrospectivement, je n'ai pas voulu le froisser en lui expliquant plus en détail pourquoi je suis profondément athée (ça m'aurait donné l'impression d'essayer de casser le rêve d'un gosse qui croit au Père Noël):&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;-Alors comme ça tu crois que le monde a été créé par un big bang ou un truc comme ça?&lt;br /&gt;
-Ben ouais.&lt;br /&gt;
-Dingue! Et ça t'étonne pas que tout soit si bien fait si c'est le hasard? Les probabilités sont quand même minimes!&lt;br /&gt;
-Ben ouais mais il n'y a rien qui prouve le contraire...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;p&gt;Damned, il faut attaquer sous un autre angle, tentons le sentimental!&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;-Et quand quelqu'un que t'aime meurt, tu crois qu'il disparaît complètement et que c'est fini???&lt;br /&gt;
-Eh ouais, il n'en reste que les souvenirs qu'on en garde...&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Et là, il a renoncé à me convertir, après m'avoir proposé de me prêter une bible en français (diable, il a tout prévu!). Enfin en évitant les sujets touchant de près ou de loin à la religion, à la morale et aux libertés humaines (intégrisme, quand tu le tiens...), il passerait pour une crème!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les autres, j'ai moins d'anecdotes marrantes, mais ils n'en sont pas moins sympa. Carrie, qui me fait parfois un peu peur avec son acharnement pour la course à pied (semi marathonienne depuis qu'elle sait marcher, ou presque), est très sympa. Emily, ma voisine de pallier, est parfois un peu lassante quand elle trouve tout &quot;gross&quot;, dégueulasse, ayant la phobie de tout ce qui n'est pas stérile, mais elle est tout aussi sympa, pas de problème de ce côté-là. Anna, l'islandaise qui est passée par la Norvège et les US avant d'arriver ici, sur les terres de sa mère, est spécialiste dans l'humour noir, grande gueule et footballeuse, mais bon, on rigole bien. Je m'entends plutôt bien avec Jon, il s'est remis de sa déception initiale, lui qui voulait une française comme dernière coloc, il fait quand même des progrès en français!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reste Robert, avec qui je m'entends le mieux, grand cycliste (tous les week ends, il va faire un tour dans la péninsule, entre 70 et 110 kilomètres, avec des pointes à 90 km/h...) qui nous fait bien rire en transposant la géopolitique contemporaine dans la maison. Il se pose en chef de file du &quot;Good Old World&quot; (sic!), contre le Nouveau Monde décadent représenté par nos colocs d'outre atlantique. Heureusement pour lui, pas de faucons en face, la tendance est plutôt Liberal Democrat, nos Américains sont plutôt éclairés, savent qu'ils ne sont pas le seul pays au monde et ont déjà entendu parler de Kyoto. A noter que tout le monde ne l'aime pas, un peu trop bourrin aux yeux de certaines... Y'aura-t-il pour autant matière à un nouvel épisode? Je n'en suis pas sûr...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voilà, vous savez tout! Pour ceux qui finiraient cette lecture en se disant &quot;quelle ambiance de merde...&quot;, je vous rassure, les tensions restent ponctuelles, il y a assez d'espace et les soirées braii ou pizzas restent très conviviales, sans parler des soirées avec d'autres étudiants. Je vous l'accorde, l'immersion n'est pas totale, à part en cours, au Yacht club et au &lt;acronym&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt;, je passe encore peu de temps avec des vrais South Africans, mais ce n'est pas pour ça que je ne découvre pas d'autres cultures et d'autres personnes!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Ca aurait pu etre un poisson d'avril...</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/04/01/48-rebelote</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Apr 2005 08:27:58 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Au jour le jour</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Il y a des fois ou on se demande ce que l'on a fait pour meriter un tel acharnement... J'ai a nouveau rencontre les 3 mecs qui m'ont braque il y a quelques mois, et cette fois ci, en plus du traditionnel portefeuille, ils n'ont pas oublie le sac à dos, qui contenait mon pc et mon appareil photo...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Hier en fin d'aprem, en rentrant de la bibliotheque, alors qu'il faisait encore bien jour, je me suis retrouve suivi par 3 mecs, dans les petites rues entre la fac et chez moi... Pour tous les détails sur le mode opératoire, allez jeter un oeil &lt;a href=&quot;http://www.julien-carnot.net/blog/index.php/2004/09/27/26-plusleger&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, ils n'ont pas change de methode... Meme t-shirt pour le chef de la bande, bref, mauvais remake.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Donc en plus du portefeuille contenant moins de cash que la derniere fois et surtout pas ma carte bancaire, ils ont embarque le sac à dos, avec mon pc, qui contient bien sur l'essay que je dois rendre aujourd'hui, mais dont je n'ai pas de copie, en plus de toutes les photos depuis fevrier, qui n'avaient pas non plus ete sauvegardees. Et l'appareil photo, flambant neuf, mais ça ça devient une habitude.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Retour a la case départ, je vous ecris donc de la salle d'info ou je vais devoir reapprendre le qwerty... Je suis degoute... Je vous laisse, je vais aller negocier une rallonge pour remettre mon essay et retourner au poste de police, sans grande illusions...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quel jour on est déjà??&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Vous y avez vraiment cru?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/laugh.png&quot; alt=&quot;:-D&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;
POISSON D'AVRIL!
&lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/lol.png&quot; alt=&quot;LOL&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ps: je viens de voir que Reuters, l'AFP et le Monde se sont associés pour un poisson assez énorme... Jean Paul II serait en passe de découvrir ce à quoi il a condamné des millions de personnes, surtout en Afrique, en interdisant le préservatif: l'agonie et la mort. Si l'info se confirme, je suis bien heureux d'être en terre ô combien religieuse mais majoritairement protestante et loin de toute retransmission de JT de France 2 et je compatis avec vous qui allez faire une overdose de retrospective made in Vatican dans les prochaines semaines, sans compter la nomination passionnante de son successeur. Mais je ne vais pas verser une larme.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>South African English...</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/03/31/47-south-african-english</link>
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    <pubDate>Thu, 31 Mar 2005 14:09:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Vivre à Cape Town</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Qui a dit que la langue anglaise était un rouleau-compresseur pour les cultures? Si vous y croyez vraiment, venez faire un tour à Cape Town, où l'anglais est vraiment sud-africain!&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Vous trouverez bien quelques profs anglais arrivés dans les dernières années pour parler un vrai anglais &lt;em&gt;british&lt;/em&gt;. Mais une fois sorti de l'amphi, il faut oublier. Et avoir lu quelques mots en afrikaans qui reviennent souvent, puis compris un peu la prononciation plutôt gutturale de la langue, vous aurez peut être des chances de comprendre ce qu'on vous dit!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par exemple, voici une discussion que l'on pourrait entendre en arrivant à la fac, je force un peu le trait mais ce n'est pas complètement irréaliste:&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Howzit Brather?&lt;br /&gt;
I'm tired, had a jol at my dig yesterday...&lt;br /&gt;
Is it?&lt;br /&gt;
Yebo, braii was lekker Bra, but I hate hangovers at varsity!&lt;br /&gt;
Shame!&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;



&lt;p&gt;Si vous avez tout compris, vous n'aurez pas de problèmes ici... Sinon, je vous propose un petit décryptage, et ne vous inquiétez pas, ça peut aussi s'apprendre sur le tas!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le &lt;em&gt;Howzit&lt;/em&gt; inaugural est une institution, à prononcer sans bouger la mâchoire, de préférence très vite, mais ça passe aussi si vous en faites des tonnes en exclamation. &lt;em&gt;Brather&lt;/em&gt;, ou &lt;em&gt;Bra&lt;/em&gt; sert de ponctuation, indépendamment du sexe de la personne en face! Jusque là, tout va bien. &lt;em&gt;Jol&lt;/em&gt;, c'est une fête, &lt;em&gt;digs&lt;/em&gt;, une collocation, faut le savoir... Le &lt;em&gt;Is it?&lt;/em&gt; serait l'équivalent d'un &quot;non, sans rire?&quot;, mais il est fort probable que l'interlocuteur le place à chaque fois que vous dites quelque chose. &lt;em&gt;Yebo&lt;/em&gt; est le diminutif de &lt;em&gt;Yes Boss&lt;/em&gt;, souvent utilisé malgré ses origines clairement colonialistes voire esclavagistes... Habitués, vous aurez reconnu le &lt;em&gt;braii&lt;/em&gt;, mais &lt;em&gt;lekker&lt;/em&gt; vous fera peut être chanceler... C'est &quot;excellent&quot;. Et comme vous l'aurez deviné, le mot &lt;em&gt;university&lt;/em&gt; ne fait pas partie de la langue des étudiants. &lt;em&gt;Shame&lt;/em&gt;, qui est utilisé pour un peu tout ce qui va du &quot;pas-de-bol&quot; au &quot;tu crains&quot;, en passant par le compatissant &quot;c'est triste&quot;, fait lui aussi parti de la liste des tiques de langage cape-townien...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bref, tout ça pour vous dire que derrière une même langue peuvent se cacher bien des dialectes, et un Cape Townien arrivant à Londres ou un Londonien pur souche arrivant à Cape Town auront probablement besoin d'un temps d'adaptation non négligeable pour être à l'aise!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Edit: Je viens de me rendre compte que j'avais oublié deux expressions pourtant inratables. Je m'en vais donc réparer ma faute, ma très grande faute...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;em&gt;Hectic&lt;/em&gt; désigne tout ce qui est cool, dingue, ou même étonnant. Vous voulez vous la jouer &lt;em&gt;capetonian&lt;/em&gt;? Répondez à toute phrase qui serait éventuellement susceptible de tomber dans dans les catégories précitées par:&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Uh, hectic!!!&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;



&lt;p&gt;Et le dernier pour la route: imaginez que vous arrivez dans un restau et que vous mourrez de fin. La serveuse vous dis qu'elle s'occupera de vous &lt;em&gt;now now&lt;/em&gt;, et vous vous réjouissez déjà à la perspective d'un service rapide. Erreur, grave erreur. Déjà, si vous aviez passé quelques temps dans les parages, vous sauriez que l'attente relève ici du style de vie et que si vous ne pouvez pas la supporter, vous allez vite vous lasserl. Et deuxio, vous auriez relevé la subtile différence entre &lt;em&gt;now&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;now now&lt;/em&gt;: si l'on utilise le premier, comptez 10 minutes d'attentes... Si c'est le deuxième, vous en avez pour bien plus longtemps, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer. J'ignore les origines de cette expression mais il ne serait pas étonnant qu'elle soit née du besoin de faire rester les touristes dans son commerce et d'éviter qu'ils partent en courant en apprenant le délai qu'on leur réserve...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Inauguration et jour des parents à Khayelitsha</title>
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    <pubDate>Sun, 20 Mar 2005 09:53:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>La vie après la fac</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Fier de la nouvelle salle de 30 pc et soucieux d'expliquer aux parents des participants pourquoi il est important qu'ils viennent, le staff de SHAWCO IT a préparé une matinée étrangement cérémonielle mais sympa a bien d'autres égards.&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Préparatifs et rencontre&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Arrivée vers 9h30 ce samedi matin pour donner un coup de main, je retrouve un bon groupe de participants qui sont déjà là et qui mettent la main à la pâte! Après avoir mis les chaises et fixé la bâche au dessus de la cour, il n'y a plus grand-chose à faire. Je vais donc faire un tour dans le centre, je jette un œil à la bibliothèque plutôt bien fournie, même s'il reste encore de la place et si beaucoup de livres commencent à dater. Après la bibliothèque, les jeux: un petit gars escalade tout ce qu'il peut et descend à toute vitesse sur la barre des pompiers. Je m'approche un peu, grand sourire et il me salue de la main. Il descend et cours vers moi, me saute dans les bras!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il doit avoir 4 ans, mais il ne me répond pas en anglais... Et vu qu'en Xhosa je suis pas très compétent, la communication est difficile! Je ne saurai même pas son prénom. Je sors mon appareil photo, il saute dessus, veut toucher, essayer... Je lui montre l'aire de jeu à travers le petit écran, il est emballé et le fait savoir. Son petit frangin sort de la maison, visiblement à peine réveillé. Je prends quelques photos du grand, puis quelques unes de la fratrie, puis je leur montre. Les yeux s'écarquillent, les rires fusent. Le grand veut prendre son frère en photo, mais avec des si petites mains et sans comprendre le palier autofocus du déclencheur, ça ne va pas très loin. Je remets l'appareil dans ma poche, le grand veut monter sur mes épaules... Son frangin nous regarde avec la main sur le front, comme si on était en haut d'une montagne... Lui aussi veut monter! Chacun son tour...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis le grand me montre l'appareil dans ma poche, je le ressors pour quelques photos. Et d'un coup, une quinzaine de gosses plus âgés arrivent en courant. Tout le monde veut sa photo, et certains insistent pour en prendre. Les doigts sur l'objectif, les mains qui tremblent, l'un qui essaie de prendre l'appareil à l'autre pendant qu'il prend une photo... Un joyeux bordel! Finalement, après avoir pris quelques photos et leur avoir montré le résultat, je vais voir si on a pas besoin de moi pour les préparatifs. Mon pote de 4 ans me suit, me sautant dans les bras dès que je ne suis pas trop loin d'une table qu'il peut escalader. Pas grand-chose à faire, on attend le chef du projet et le vice président qui ont une panne de voiture.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Cérémonialiser à l'extrême pour mieux cafouiller.&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Quand les premiers &quot;invités&quot; arrivent, on nous distribue un A4 avec le programme de la journée, bien rempli. Je tique un peu à la lecture des premières et dernières étapes: prière. J'avais oublié que l'on était en des terres si religieuses! Après une introduction hésitante de notre responsable des évènements, puis une quinzaine de minutes pendant lesquelles il revient souvent nous demander d'attendre, je me rassure, pas de pasteur en vue, c'est un des pères qui finit par se dévouer pour dire une prière traduite en Xhosa. Après ça, Eddie, le chef de projet fait un speech un peu bordélique, qui devait reposer sur un PowerPoint qui est sur sa clé usb, qui est restée dans la voiture en panne... De toutes façons, l'écran du vidéo projecteur étant en plein soleil, on aurait rien vu!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lui succède ensuite le vice-président étudiant de SHAWCO, plus pro, mais tout le monde commence à se répéter. Ayant pressenti que les discours allaient être longs et pas passionnant, notre master of ceremony avait quand même prévu des interludes: le premier sera une poésie d'un participant, qui est prêt pour devenir le conseiller de Thabo Mbeki en discours africaniste. Un pur produit de la Renaissance africaine prôné par le président, voilà qui doit faire plaisir au conseiller municipal ANC qui enchaîne avec son discours. Laissant entrevoir son tee-shirt vert jaune et noir avec la tête de Mbeki peinte façon imagerie soviétique africanisée, il explique combien l'e-mail est fabuleux, puisqu'on peut écrire à Johannesburg ou même à Port Elisabeth (si si!) sans avoir à attendre &quot;des mois&quot; pour que la lettre arrive. La poste sud africaine n'est sûrement pas des plus performantes, mais les délais qui se comptent en mois sont quand même réservé à l'international!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le grand directeur de SHAWCO, que je n'avais jamais vu, est plus au point. Il insiste sur l'apprentissage réciproque entre le volontaire et le participant, espère que les participants feront tout à leur tour pour partager ce qu'ils apprendront ici et leur dit que sa porte leur restera ouverte, qu'il devrait être là pendant encore un bon nombre d'année. Suit une performance de Gum Boots par 5 participants, dont certains à qui il manque les bottes mais bon, c'est sympa. Pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler, il s'agit d'une danse créée par les mineurs pour se donner du courage, des claquettes améliorées, puisque les bottes permettent de rajouter des sons en tapant dessus. Les parisiens et les brestois auront peut être vu cet hiver les affiches pour le spectacle Gum Boots, en tournée dans la ville lumière et dans la métropole océane.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après le mot de remerciement des participants, la directrice du centre prend la parole et s'excuse de parler en Xhosa, mais elle veut que le message passe auprès des parents. Elle insiste sur les exigences d'être autonome avec un ordinateur de tous les employeurs ou presque, sur le besoin pour les familles de permettre aux enfants de venir, le long terme compensant largement la perte de main d'œuvre dans les tâches ménagères ou la garde de la fratrie. Puis elle coupe le ruban de la nouvelle salle, investie par les parents et quelques participants qui vont direct à leur poste et recommencent où l'on s'est arrêté mercredi dernier!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Début d'après-midi photo&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après la prière de clôture, le buffet est ouvert, hot dogs pour les enfants, plateaux de samoosas, de tourtes au bœuf, de poulet, d'épis de mais et de pommes de terres sautées, sympa. Après avoir mangé, mon pote, qui n'a pas manqué de me sauter dessus 3 ou 4 fois pendant les discours, revient à la charge... Il veut voir l'appareil photo. Les autres enfants arrivent en trente secondes et m'entourent, ils sont une vingtaine à m'implorer de les prendre en photos, sauf qu'ils passent leur temps à essayer de passer devant les autres pour être sur le cliché... Les poses sont en général souriantes, mais le chahut et certains qui posent avec les poings fermés, genre catcheur de bas étage, me mettent un peu mal à l'aise.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plusieurs groupes de participantes, plus timides et plus disciplinées, me demandent quand même avec insistance d'être prises en photo. Je ne peux m'empêcher d'essayer de transposer la situation en France... Des ados qui demandent à un inconnu de se faire tirer le portrait, ça ne serait même pas imaginable! Les ptits mecs n'arrêtent pas, je calme un peu le jeu, en ignore certains qui ont déjà quelques portraits mais qui en veulent toujours plus et qui passent devant les autres, puis saturant un peu et pensant avoir pris tout le monde, après leur avoir montré les photos, je dis stop... Là ça devient surréaliste, ils en veulent toujours plus, certains me montrent même les quelques Rands qu'ils ont en poche! Quelque chose ne tourne pas rond!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sauvé par le gong, les bus arrivent dans la cour et les volontaires commencent à se rentrer... Tous les gosses sont autour, certains continuent à me demander des photos à travers la vitre! Le ptit gars de 4 ans me dit bye bye, on démarre, avant de rester coincé par un troupeau de vaches qui font une mini-transhumance dans le township. Puis c'est parti, je ne reverrai pas Khayelitsha avant deux semaines, cette semaine, c'est déjà les vacances de Pâques. Au programme, promenades autour de Cape Town, je me réserve les dernières semaines pour voyager plus loin entre deux partiels.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/julien-carnot/sets/72157614778053297/&quot;&gt;Voir les photos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Quelques jours au chaud à Augrabies dans le Kalahari</title>
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    <pubDate>Tue, 15 Mar 2005 12:10:29 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Découvrir les lieux</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je vais vous raconter mon petit voyage dans le Northern Cape, à quelques kilomètres de la Namibie. C'était en novembre dernier, entre la fin des partiels et mon retour au pays. Si vous êtes une fidèle lectrice ou un fidèle lecteur, vous savez que la devise de ce blog pourrait être mieux vaut tard que jamais. Et vous n'en êtes pas au bout de votre attente, les photos vont encore tarder, puisque je n'ai pas pris le temps de les scanner cet hiver, si vous ne pouvez pas attendre, jetez un oeil &lt;a href=&quot;http://www.sanparks.org/gallery/augrabies&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; pour visualiser un peu! Désolé pour les erreurs et les approximations qui auront pu se glisser dans le récit, à part quelques chiffres que j'ai noté, je vous raconte tout de mémoire...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Après avoir envisagé d'aller faire un tour dans le désert namibien puis m'être rendu compte que la logistique était un peu trop conséquente pour voyager seul (je ne connaissais personne qui voulait voyager à ce moment), je me suis rabattu sur Augrabies, un gros village paumé dans la province la moins peuplée et la plus aride d'Afrique du Sud, qui a l'avantage de se trouver pas loin d'un arrêt de bus et de comporter un backpacker à priori sympa. Après avoir récupéré un billet de bus (&lt;a href=&quot;http://www.intercape.co.za/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Intercape Mainliner&lt;/a&gt;, pour ceux que ça intéresse), avoir calé dans le sac à dos deux appareils jetables et quelques vêtements, et regroupé dans un sac un peu de bouffe (le backpacker ne fait pas restau, et la supérette la plus proche doit être à 5km), c'est parti, minibus jusqu'à la gare de Cape Town.&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Cape Town-Kakamas dans la nuit&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Un grand bus tout neuf (air conditionné, deux étages et une remorque, c'est vous dire!) m'attend. Il y avait aussi l'alternative minibus de longue distance, mais bon, faire 1000 bornes dans la nuit avec un seul chauffeur, en surcharge dans un minibus pourri pour gagner 10 euros, je préfère arriver en vie! Départ à 18h, on s'arrête en gros tous les 50-70 kilomètres, à chaque petite ville. Soirée sympa en regardant les paysages se dérouler... En plus, le bus n'est pas plein de touristes, beaucoup de sud-africains l'utilisent, immersion garantie, en tous cas hors saison et sur cette ligne!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Par contre, sympa l'air conditionné dans l'après midi, mais toute la nuit, je me suis franchement caillé, et rien à faire, peuvent pas l'arrêter! Prévoyez donc les pulls voire la couverture! Pas beaucoup dormi donc, mais en même temps, ça m'a permis de voir du pays, même de nuit, et de scotcher sur un ciel rempli d'étoiles... Et à 4h du matin, en longeant la frontière namibienne après Springbok, de découvrir un paysage encore plus plat et plus vide que celui du Karoo, quand la lumière du soleil apparaît sur l'horizon! Des dizaines de kilomètres à la ronde, rien. Ça me plait!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je stresse un peu pour l'arrivée, à 5h45, j'ai échangé plusieurs mails avec le backpacker, qui doit venir me chercher à Kakamas, arrêt le plus proche d'Augrabies. Mauvais pressentiment, je sais que ça se passera pas comme prévu. En descendant du bus, je vois que personne ne m'attend. Quelques minutes plus tard, mes craintes sont confirmées, personne. Kakamas ne craint pas plus que ça à priori, j'ai regardé les statistiques de criminalité, une cinquantaine d'homicides par an, c'est dans la moyenne mais bon, fatigué, avec le souvenir encore frais de mon agression, j'aurai bien voulu ne pas trop traîner dans le coin! J'attends, personne ne vient. Le jour se lève doucement. Je pars à la recherche d'une cabine téléphonique, tout en essayant de garder le point de rendez vous à l'&amp;#339;il, au cas où! Je les réveille, ils m'ont oubliés, ils seront là dans une demie heure... A 7h30, je vois leur minibus arriver, c'est parti pour les 15 derniers kilomètres du voyage aller!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après avoir traversé la campagne bien irriguée dans laquelle du raisin est produit par quelques grandes fermes, on arrive au &lt;a href=&quot;http://www.kalahari-adventures.co.za/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Augrabies Falls Backpacker&lt;/a&gt;,  une grande maison avec une pelouse bien arrosée et un hangar rempli de rafts... Bizarre tout ce vert, à deux pas du désert: le fleuve Orange est bien exploité! Je fais connaissance avec l'équipe, 3 personnes, et je découvre que je suis le seul client... Les temps sont durs! Le temps de poser mon sac, on me propose de me déposer dans le parc national d'Augrabies Falls, sur le coup j'ai plus envie de dormir qu'autre chose, mais on me fait remarquer que si on veut bouger, il vaut mieux profiter du matin, avant qu'il ne fasse trop chaud. Roule!&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;&lt;em&gt;Dassie Trail&lt;/em&gt; dans l'&lt;a href=&quot;http://www.sanparks.org/parks/augrabies/&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;Augrabies Falls National Park&lt;/a&gt;&lt;/h5&gt;



&lt;p&gt;Quelques kilomètres plus loin, l'entrée du parc. La terre et les rochers sont rouges, la végétation rare et sèche... Il fait déjà bien chaud! J'entre dans l'accueil du parc, paie et récupère un dépliant sur le &lt;em&gt;Dassie Trail&lt;/em&gt;, un itinéraire de rando de 5km pas trop exigeant qui permet de voir un échantillon représentatif du parc, qui fait quand même 28 000 hectares. C'est parti! D'après les guides, on peut voir des girafes, des rhinocéros noirs et la panoplie standard d'antilopes. On commence dans les roseaux qui poussent au moindre ruisseau, alors qu'il n'y a que du sable quelques mètres plus loin. Au moins, l'eau n'est pas dure à repérer! Sorti de cette zone humide, on a vraiment l'impression de se retrouver sur une autre planète, tout est rocheux et rouge! Quelques anciens torrents ont creusé la roche, les reliefs sont ici en négatif. À l'horizon, quelques collines, dont le noir tranche avec le rouge orangé ambiant, ne sont autres que des formations de roche volcanique qui refusent de s'éroder aussi vite que leurs voisines, mais qui ont comme peau protectrice des particules de fer, de manganèse et de titane que les tempêtes du désert déposent sur leur flancs. Comme quoi les tempêtes du désert ne sont pas forcément des opérations de destruction de masse!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après une demie heure dans ce désert minéral, on commencerait presque à se sentir seul. C'est là que les babouins interviennent! Courant dans tous les sens sur les roches, cherchant un peu d'ombre, une vingtaine de ces singes me contournent, plus peureux que leurs cousins du sud! Une mère promène son petit sur son dos, encore un de ces moments où on donnerait beaucoup pour avoir un vrai appareil photo avec un téléobjectif au lieu de ce jetable! Je repère deux ou trois individus pas très loin de moi, sur un gros rocher, qui n'ont pas l'air trop stressés... Je m'approche silencieusement, ils ne me voient pas, je suis à 3 ou 4 mètres du rocher. Quand l'un deux monte au sommet et me voit, il redescend aussi vite. Le suivant vient voir ce qu'il se passe, et imite le premier. Le dernier, plus déterminé, monte en haut du rocher, commence à sauter sur place et me montre ses dents en soufflant, genre &quot;tu te crois où, dégage de là!&quot;. Je m'incline, mais même pas peur d'abord, c'est juste que je crois pas qu'on ait le droit de se battre avec des animaux sauvages dans le parc! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt; Les lézards, bien plus nombreux et bien moins agressifs, sont aussi plus peureux, là encore, pas moyen de faire une photo de leurs belles couleurs. Quant au dassies, qui ont donné leur nom à l'itinéraire, ils doivent être occupés à se trouver une planque à l'ombre pour l'après midi! Et quid des girafes, des léopards et des hyènes, me direz vous? Et bien je n'en ai pas vu...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Direction Moon Rock, une espèce de sphère de granit aux trois quarts enterrée, un chaos pour géants: 100 mètres de long. En y regardant de plus près, la roche a la structure d'un oignon, à certains endroits, la couche supérieure craque et laisse apparaître la couche inférieure. Étonnant! Il commence à faire vraiment chaud, il va être 11h, je continue mon chemin. En passant près d'un ruisseau, je découvre les nids de poules, ces trous dans la roche du lit des cours d'eau, qui peuvent faire 2m de diamètre et 2 mètres de profondeur. L'explication serait que les petits cailloux charriés par le courant tombent dans des fissures dans la roche, mais sous l'effet de la dépression crée par le courant, continuent à tourner, érodant la roche jusqu'à produire ces gros chaudrons! J'en arrive au bout du circuit, après 2 heures et demie où je n'ai rien entendu d'autre qu'un petit souffle de vent dans les roseaux et les petits bruits des lézards et des babouins. Ça fait du bien.&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;39° à l'ombre, mais où est l'ombre!&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Ça fait du bien, mais là, il commence vraiment à faire chaud. La météo annonçait 36° pour la région, mais j'oubliais qu'on parlait de température sous abri... L'air est sec, très peu de vent, le soleil tape... Il est temps de se planquer pour laisser passer le cagnard. Et pour trouver de l'ombre, il vaut mieux rester près de la réception, où quelques arbres ont été plantés et copieusement arrosés, parce que le reste du parc n'est vraiment pas ombragé! J'en profite pour manger mon pique nique, mais je suis espionné: des babouins sautent d'arbre en arbre pour essayer de se retrouver dans celui sous lequel je suis installé sans que je les voie... Mais on me la fait pas à moi! J'assiste à quelques bagarres arboricoles impressionnantes, ils se rattrapent à chaque fois, ou presque!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a une piscine ouverte aux visiteurs juste à côté, mais elle n'est pas très propre, et surtout, vu que les babouins sautent facilement la clôture qui l'entoure pour éviter que les animaux sauvages ne viennent y boire, je ne vais pas leur laisser mon sac à dos, mes vêtements et mes chaussures, je crois que ça les amuserait plus longtemps que moi! Après cette inspection de la piscine, je me retourne pour découvrir un klipspringer, une antilope de la taille d'un grand caniche qui me regarde, au milieu de la pelouse. L'air un peu paumé, il reste bien tranquille, même quand je m'approche un peu... Quelques photos plus tard, je m'éloigne un peu, puis me retourne: il me suit! Je continue un peu plus vite, cette fois il s'est arrêté 30 mètres derrière moi. Je m'accroupis et siffle, il vient vers moi! Réalisant que je n'aurai pas le droit de le ramener à la maison et voulant éviter des adieux déchirants, je mets fin à mes expérimentations et réussis à le semer.&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Les chutes grouillent de poissons-chats géants&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après quelques heures à bouquiner à l'ombre, l'air devient à nouveau presque respirable, je tente une percée vers les chutes, l'attraction du parc. Dans une gorge de 56 mètres de profondeur, le fleuve orange tombe bruyamment. Aukoerabis, version originale d'Augrabies, veut d'ailleurs dire &quot;endroit de bruit&quot;. En ce moment, le débit du fleuve n'est pas très impressionnant, environ 30 mètres cubes/seconde, ce qui n'est rien par rapport à son record connu, lorsqu'il a inondé toute la région il y a quelques années, faisant revivre des cascades asséchées pour écouler 7500 mètres cubes d'eau par seconde! Les abords de la chute sont grillagés, une promenade sécurisée est en cours de construction: depuis l'ouverture du parc, dans les années 60, 16 personnes se sont un peu trop penchées pour voir le fond de la gorge, certains corps n'ont jamais été retrouvés, malgré l'intervention de plongeurs...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et même en s'arrangeant pour survivre à la chute, dans l'eau, il faudrait se battre avec des énormes poissons chats qui pullulent au pied de la cascade. Ils font au moins 1 mètre, et il y en a vraiment partout, cherchant à remonter le courant mais n'arrivant pas à se propulser au niveau supérieur! Étonnant! Les Cape Flats lizards, aux couleurs flashy, semblent insensibles au pathos de leur situation. Servis en soleil et en chaleur, ils ont la belle vie! En retournant à l'accueil, je lis qu'il y a 21 espèces de serpents dans le parc, dont le cobra cracheur à col noir et le Cape cobra, deux espèces qui ne laissent aucun espoir de survie en cas d'attaque. Sympa de prévenir! Un panneau explique aussi la présence du Quiver Tree ou Aloe Dichotoma, arbre très compact, aux feuilles très épaisses pour éviter de perdre l'eau si rare, utilisé par les San pour se fabriquer des carcans et même des cercueils, en évidant les troncs. Le parc a aussi été le décor de quelques  &lt;del&gt;batailles&lt;/del&gt; boucheries entre fermiers colons et habitants de la région.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;17h, on doit venir me chercher... Là encore, mon pressentiment ne rate pas. Trois quarts d'heure plus tard, alors que je me suis déjà approché de la sortie du parc, je vois le minibus arriver. &quot;Désolé, tu dois croire qu'on ne sait pas tenir nos engagements...&quot; Ben euh, ouais.&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Moi versus les moustiques&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Enfin à part ça, la maison est sympa et ça fait du bien de se reposer et de manger un peu... Je vais pas faire de vieux os ce soir! Enfin, ça c'était le programme, parce qu'en pratique, dans la chambre, une fois qu'on éteint la lumière et qu'on s'allonge, c'est un peu la scène introductive d&lt;em&gt;'Apocalypse now&lt;/em&gt;, avec des moustiques dans le rôle des hélicoptères. Au niveau du bruit, je pense qu'ils peuvent rivaliser, et en terme de dégâts, ils ne s'en tirent pas mal! Je commence par essayer de me résigner, de me dire qu'une fois qu'ils auront tous fait le plein d'hémoglobine, ils iront la digérer ailleurs et me laisseront dormir en paix. Puis ça me lasse. Le duel commence, je ne vais pas me laisser faire. Après 5 minutes et aux moins dix pertes de leur côté, je n'entends plus rien, je n'en vois plus bouger... Vous connaissez la suite: me disant que je vais enfin pouvoir me reposer, j'éteins la lumière et me recouche. L'ennemi, plus rusé que je ne l'aurais cru, me laisse une minute de répit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais la guérilla reprend de plus belle. Attaqué de toutes parts, je dois repartir à l'assaut. 5 minutes plus tard, encore une fois, je n'en vois plus, je n'en entends plus... Cette fois ci, je dois les avoir eu. Bonne nuit... Mais non. Utilisant encore de la tactique de l'usure psychologique en me laissant croire que j'ai triomphé quelques instants, ils se redéploient. Je vous passe les 5 épisodes suivant, le schéma est le même. Finalement, je m'endors avant même que je les entende mener une nouvelle offensive.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le lendemain matin, je constate qu'ils ont gagnés, je suis couvert de piqûres énormes.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Matinée de rafting sur le fleuve Orange&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après un petit déj rapide, on me dit que si je veux faire du rafting, on va faire une exception à la règle qui veut qu'il faut au moins deux clients pour y aller... En fait, le gars qui encadre l'activité a envie d'aller faire un tour sur le fleuve! Après m'être recouvert de crème solaire, avoir récupéré mes lunettes de soleil et un appareil photo que je pose dans un caisson étanche, je saute dans le minibus qui est prêt à traîner les rafts, qui sont en fait des hybrides entre les rafts et les canoés. C'est parti pour le &lt;em&gt;Augrabies rush&lt;/em&gt;, descente de 8km... Je serai l'équipier du mono, un autre employé du backpacker nous suit en solo. On met le casque et un gilet à moitié vidé de sa mousse, faut pas que je tombe dans un rapide et que je me fasse aspirer...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le briefing est clair, si on tombe, ne pas s'écarter du bateau, ne pas essayer de se lever (le pied coincé entre les roches du fond et le courant qui vous pousse, en général ça craque et c'est un coup à rester coincé) et bien sûr ne pas tomber sur un crocodile, oui, il y en a... Sympa! De notre point de départ, on entend rien d'autre que les oiseaux et la rivière, et très bientôt, on ne voit plus de signe de vie humaine. Les rives sont couvertes de roseaux. Le fleuve est bas et peu puissant en ce moment, les rapides qui peuvent être bien musclés devraient être relativement tranquilles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le premier, &lt;em&gt;Rhino&lt;/em&gt;, est un bon coin pour observer le rhinocéros noir en se faisant secouer, sur quelques dizaines de mètres, ça bouillonne bien, mais il n'y a pas de roche au milieu, pas trop technique. Décidément, les rhinos sont timides avec moi. Par contre, à l'avant, je me fais bien rincer, heureusement que l'eau est chaude. 3 minutes plus tard, mon T-shirt est sec, sympa le climat! Suit une longue descente tranquille où l'on a le temps d'observer les oiseaux, la nature et les &lt;em&gt;Water Monitors&lt;/em&gt;, des énormes lézards amphibies, puis à nouveau des rapides aux noms évocateurs, &lt;em&gt;Rollercoaster&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Klipsringer&lt;/em&gt;. Au bout de trois quarts d'heure, on s'arrête sur une plage pour un petit goûter bien sympa. L'occasion d'aller voir un peu au-delà des berges, mais il ne vaut mieux pas trop s'éloigner, surprendre un rhinocéros n'est pas la meilleure des idées.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Puis c'est reparti pour quelques rapides, de plus en plus techniques, certains imposent de passer de tel ou tel côté de chaque roche, et ce n'est pas simple de se rappeler de toute la séquence qui doit s'enchaîner sur une cinquantaine de mètres! Les petits noms qu'on leur donne sont tout aussi imagés: &lt;em&gt;Blind Faith&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Cascades&lt;/em&gt;... C'est vraiment sympa comme activité! Après une dernière descente tranquille, on arrive au dernier rapide: après, ça s'agite vraiment avant les chutes que j'ai visité la veille, on doit s'arrêter à 300 mètres en amont. Les instructions sont claires, le rapide n'est pas le plus technique ou le plus puissant qu'on aie fait, mais vu qu'il n'y a pas beaucoup de distance après avant le suivant, qui lui est redoutable, il ne faut pas se rater, on est pas sûr de pouvoir être repêché avant qu'il ne soit trop tard! Bon à savoir!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Finalement, tout se passe impeccablement bien. On s'arrête sur une petite plage où l'on entend bien le bruit sourd des chutes... Reste à porter les rafts jusqu'au minibus, sur les roches glissantes, avec en prime une retraversée du fleuve à un endroit où le courant se calme. L'occasion de voir qu'effectivement, il ne faut pas se rater: les rapides suivants ne descendent pas si fort, mais vu que les fonds sont très irréguliers, ils sont bien agités et certaines marmites vous mèneraient droit sous un rocher au fond... Un très bon rafteur-kayakiste a essayé de les descendre en kayak il y a quelques années, avec un moniteur-secouriste sur chaque rive tous les 15 mètres, son kayak a plongé dans une dépression et il a été ressorti in extremis pour une séance de bouche à bouche! Faut pas trop jouer avec le fleuve Orange...&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Après midi repos...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;On approche de midi, la chaleur reprend ses droits... On rentre au backpacker, après un petit repas, c'est l'heure de la sieste. Ici l'activité des locaux est régie par la température, les journées de travail commencent très tôt pour s'arrêter vers 11h avant de reprendre en fin d'après midi, entre les deux, c'est repos à l'ombre. Pas la peine d'aller contre cette règle, comme je l'ai déjà découvert la veille. Petite sieste, lecture, télé en attendant que ça fraîchisse un peu... Je me rends compte que j'ai déjà fait les deux trucs que j'avais prévu de faire, le lendemain sera donc une journée tranquille au rythme du Kalahari.&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Ne pas se promener pieds nus!&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après m'être préparé et avoir dégusté ma spécialité, spaghettis avec sauce tomate et fromage, je passe le début de la soirée devant la télé avec mes hôtes. Rien de bien passionnant, donc je bouquine un superbe atlas tout neuf de la Namibie bien illustré, ça donne envie! D'un coup, je vois passer à côté de mes pieds un insecte énorme, que je prends pour un scorpion... Il y en a dans la région, et les portes ne sont jamais fermées... Inutile de vous dire que j'ai jamais bondi aussi vite sur un canapé! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En fait, à y regarder de plus près, la bête, qui doit faire plus de vingt centimètres de long et au moins 15 de large, ressemble plus à une mygale qu'à un scorpion. Mais je n'y suis pas encore, c'est une fourmi géante! Pas très dangereuse à priori, mais j'ai un peu de mal à faire confiance aux proprios là-dessus... Je ne me propose pas pour la chasser! Le chien de la maison vient voir ce que c'est, mais n'est pas non plus d'humeur très belliqueuse. Émotions garanties en tous cas! J&amp;#8217;avoue que j'ai jeté un &amp;#339;il sous mon lit avant de me coucher! Pour la suite, après pas loin d'une heure de combat contre les moustiques, je déclare forfait et m'endors.&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Visite du bled, puis lecture...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Le lendemain matin, réveil plus tardif que la veille, mais je ne suis pas encore trop tard pour sortir un peu. Je décide de marcher jusqu'au village d'Augrabies, de faire un tour entre les fermes. Tout ce qui est irrigué et arrosé copieusement est d'un vert éclatant, mais quelques centimètres plus loin, la terre n'est que de la poussière plus que sèche. Quelques chèvres se partagent quelques touffes d'herbe courageuse, et à part les quelques pick-up et tracteurs qui passent, on ne peut pas dire que la zone soit bruyante! La cour de l'école, énorme étendue de poussière et de cailloux, est bordée par des cactus. L'église a sa pelouse bien verte... En s'écartant un peu du village et en montant sur la route principale, on découvre à quel point la zone verte autour du fleuve est étroite, et combien tout le reste est sec... Les premiers cultivateurs devaient vraiment y croire pour prendre le temps de construire tous les canaux d'irrigations. Quand la température devient trop élevée, je me rentre, lecture et télé avant de retourner à Kakamas en fin d'après midi pour rentrer à Cape Town...&lt;/p&gt;



&lt;h5&gt;Embouteillages à Cape Town&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Après ces trois jours aux allures de retraite spirituelle, c'est reparti pour le trajet en bus. Cette fois ci, je dors un peu mieux, et me réveille dans les montagnes de Cederberg, sur la route que j'avais prise avec Sophie quelques mois plus tôt... Le lever de soleil est superbe. Par contre, en approchant de Cape Town, on se prend 15 kilomètres d'embouteillages, il est 7h... Et dire que la veille j'étais dans ce coin perdu, je me retrouve dans une grande métropole, difficile de croire que je n'ai pas changé de pays... Arrivée à la gare, je prends un minibus pour rentrer à Observatory, où je dois récupérer ma caution, choisir mon logement pour le dernier semestre et faire mes valises pour le lendemain!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/03/15/45-quelques-jours-au-chaud-a-augrabies-dans-le-kalahari#comment-form</comments>
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    <title>Premier jour à Khayelitsha</title>
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    <pubDate>Thu, 10 Mar 2005 08:09:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>La vie après la fac</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Mercredi après midi, première séance de tutorat pour le &lt;em&gt;Shawco IT project&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/02/28/42-small-steps-big-differences&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;dont je vous parlais la semaine dernière&lt;/a&gt;... Comme prévu, j'ai beaucoup appris!&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Départ à 6 volontaires au lieu de 16&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;L'apparent professionnalisme de Shawco a ses limites, sur les 16 volontaires censés encadrer cette première session, on était 6, certains ont dû se perdre. Remarquez, ça tombe bien, il y a eu cafouillage dans le choix de la taille du minibus, on aurait pas pu être beaucoup plus nombreux! Sur la route, on fait connaissance avec les autres, en émargeant et en lisant les recommandations des responsables du projet, puis en leur posant les ultimes questions. Parmi les volontaires, personne n'a déjà été à Khayelitsha. Ambiance baptême du feu, petite tension en sortant de l'autoroute, comme si on devait sauter du minibus en parachute pour rejoindre le centre. Paraît que ça fait ça à tout le monde. Et pourtant.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Premiers regards sur le township&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Impressions contrastées, ce n'est pas le bidonville boueux genre &lt;em&gt;La cité de la joie&lt;/em&gt; (faut dire qu'on est en été), les gens sur les trottoirs n'ont pas l'air d'être les plus malheureux du monde, les enfants jouent et crient partout, et pourtant... Les &lt;em&gt;match-box houses&lt;/em&gt; sont aussi petites et délabrées que partout dans les &lt;em&gt;Cape Flats&lt;/em&gt;, la région sablonneuse à l'est de la ville laissée aux Noirs par l'apartheid. Sur le trottoir, des voitures sur le toit rouillent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La route principale, en meilleur état et plus large que bien des départementales françaises, est bordée par des petits magasins, des barbiers, des coiffeurs, ou des vendeurs de fruits... Ce que l'on avait évoqué en cours de politique le semestre dernier à propos des infrastructures routières conçues pour encercler, contenir et pouvoir intervenir rapidement dans les townships en cas d'émeutes prend tout son sens. De temps en temps, un poteau surplombe une quinzaine de &quot;maisons&quot; et autant de fils les relient au courant. Sur le trottoir, quelques robinets servent à tous les habitants. Les toilettes sont bien à l'écart, au moins 30 mètres de l'habitation la plus proche.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quelques dizaine de secondes plus tard, après avoir dépassé une école où 200 ou 300 enfants en uniformes jouent dans une cour pas plus grande qu'un terrain de tennis, on entre dans l'enceinte du centre. Quelques gosses traînent dans la cour et se mettent à crier et à sauter dans tous les sens en nous voyant arriver. Une bonne partie des participants, qui doivent avoir entre 14 et 17 ou 18 ans sont aussi dans la cour, mais sont comme nous timides, c'est la première fois qu'ils viennent. Notre responsable nous fait la visite des lieux, la salle et le matériel sont impressionnants, bien plus classe que certains laboratoires d'informatique d'UCT. On doit jeter un œil à notre manuel, un gros pavé dont l'approche pédagogique ne me plaît pas vraiment, mais bon, au moins, ça donne une idée de ce qu'on doit couvrir aujourd'hui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pendant ce temps, les participants ont le droit à un ou deux biscuits: la plupart d'entre eux n'ont rien mangé ce midi et ne retourneront pas chez eux avant 17h. Puis tout le monde rentre. Après l'appel, qui permet déjà à certains de se faire remarquer et de faire rire les autres, puis quelques consignes, les volontaires se présentent... Le responsable en fait des caisses pour limiter l'absentéisme, puis rappelle à ceux qui n'ont pas leur uniforme qu'on leur demande de l'avoir. Puis leur demande pourquoi ils sont là et comment ils doivent se comporter: celui qui a fait rire tout le monde se lève et répond. Il veut apprendre à se servir de l'ordinateur qu'il a devant lui &quot;pour avoir un avenir&quot;, et il doit profiter à fond de nos savoirs et nous respecter. Je me demande combien ça a coûté au responsable, une réponse aussi nette et complète! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt; Impressionnants ces ados qui n'ont pas le droit de rester insouciants, qui prennent sur eux pour venir deux fois par semaine avec l'espoir de s'en sortir, de vivre une meilleure vie que celle de leurs parents, mais qui savent que sans leur investissement total, la meilleure vie ne viendra pas.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Derrière les écrans...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Vu que les participants sont bien 30, comme prévu, le plan du deux apprenants-un tuteur tombe à l'eau. Ce sera 5 par tuteur. Parmi les miens, 2 sont assez à l'aise, deux n'ont jamais touché un ordinateur de leur vie, le dernier ne doit pas avoir passé plus d'une heure ou deux derrière un moniteur. Notre &lt;em&gt;lesson 1 chapter 1&lt;/em&gt;, c'est les périphériques de saisie... Souris et clavier, le temps que je l'explique au deux débutants, les deux plus avancés ont déjà ouvert &lt;em&gt;wordpad&lt;/em&gt; et recopient des phrases du manuel puis se lance dans la rédaction d'un mini cv. J'aurais voulu avoir une clé usb ou une connexion pour pouvoir les reproduire ici... En gros ça donne: &quot;je m'appelle ..., je suis à l'école ..., j'étudie l'histoire et le commerce, et j'adorerais étudier la même chose à UCT l'année prochaine&quot;. De la suite dans les idées, je vous le dis!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Maîtrisant à peu près la souris en quelques minutes et ayant compris le truc du clavier, même avec un ou deux doigts, je leur montre qu'ils peuvent sauvegarder leur mini cv... Il ferment &lt;em&gt;wordpad&lt;/em&gt; avant de le rouvrir et de retrouver le fichier. Les visages s'illuminent quand ils s'aperçoivent que le texte qu'ils ont tapé réapparaît. Il est temps de passer à notre &lt;em&gt;chapter 1, lesson 2&lt;/em&gt;, qui n'est autre que la manipulation du menu démarrer et des fenêtres, avec l'ouverture de &lt;em&gt;wordpad&lt;/em&gt;. Bref, ce que l'on vient de faire... J'approfondis un peu sur les icônes, la barre de tâches, les dimensionnements et déplacements de fenêtres, l'occasion de voir que le &lt;em&gt;drag'n'drop&lt;/em&gt; est loin d'être inné. Mais bon, malgré quelques ratages, ils ne s'en tirent pas trop mal, pour l'un des débutants, la souris n'est pas encore très précise mais ça viendra. Les deux gaillards du bout de ma rangée en sont à changer le fond d'écran, l'écran de veille, à changer la couleur du &lt;em&gt;media player&lt;/em&gt;... Je lance les autres sur le solitaire pour finaliser le &lt;em&gt;drag'n'drop&lt;/em&gt; et voir que plusieurs programmes peuvent tourner en même temps, même si je ne connais pas plus le but du jeu qu'eux!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Théoriquement, je devais m'en tenir là, mais il reste 20 minutes, autant en profiter pour aborder l'obtention de l'aide, le chapitre suivant. Et là, deux obstacles me sautent à la gueule. La notion de recherche dans une base de donnée d'abord, pas simple à expliquer à quelqu'un qui ne savait pas ce qu'était un logiciel une heure plus tôt. Puis le concept d'hypertexte, puisque chaque élément de la liste des solutions est cliquable... Qu'un bouton puisse se cacher sous un texte, mais que certains textes juste à côté ne soient pas des boutons... Le sous-lignage au passage de la souris n'aide pas vraiment! Enfin globalement, ils ont réussi à faire une recherche et à sélectionner une solution, et ils ont surtout compris que la touche F1 est leur meilleure amie et qu'un problème avait le plus souvent sa solution dans l'aide, ce qui n'est pas si mal!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Heureux...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;On arrive au bout, une heure et demie à parler et à me promener entre les ordinateurs, je suis claqué! Mais tellement content de les voir s'être amusé, avoir découvert de nouvelles possibilités... À 5 par tuteurs, c'est clairement trop pour les aider efficacement, mais on ne s'en est pas mal tiré... Le retour dans le minibus a été riche en échanges de tuyaux, certains ayant choisi d'utiliser &lt;em&gt;paint&lt;/em&gt; pour les aider à manipuler la souris avec un bouton enfoncé, puis en ajoutant du texte dans le dessin: pas bête! Il paraît qu'ils sont tous dessiné la silhouette de Table Mountain, eux qui n'ont peut être jamais vu la montagne à partir de la ville, comme elle est représentée sur tous les logos... Tout le monde était ravi, on a eu des difficultés à transmettre ce qui relève pour nous de l'automatisme, mais on a qu'une hâte, c'est d'y retourner!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Comment j'ai été nommé &quot;Braai Master&quot;</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/03/03/43-comment-jai-ete-nomme</link>
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    <pubDate>Thu, 03 Mar 2005 11:41:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Vivre à Cape Town</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Hier soir, c'était la grande occasion: lassé des mardis soirs pizzas, Robert a eu la brillante idée de lancer le mercredi soir braii (barbecue, pour ceux qui sont définitivement étanches à l'afrikaans). On était une trentaine d'étudiants dans la maison pour en profiter, et j'ai été intrônisé &quot;braii master&quot;, ce qui me place en bonne position pour le championnat international de la Braise d'Or. Retour sur ma performance.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Puisque personne ne s'est jeté sur l'occasion et que j'ai feint de ne pas être intéressé par la mission en m'affairant au nettoyage de la salade, j'ai été désigné comme &lt;em&gt;firestarter&lt;/em&gt;... Dès lors, après quelques minutes de yoga et d'hyperventilation, je me suis muni du vieux journal -sans qui le barbequiste n'est rien- et du sac de charbon. Après avoir consciencieusement roulé les pages en boules bien denses, je dispose le charbon selon la technique infaillible de la pyramide. J'avoue que sous la pression, j'ai commis l'impardonnable: j'ai caché dans le papier deux morceaux d'allume-feu, mais comprenez moi, l'échec m'aurait privé de toute perspective d'avenir pour les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/braii/2005-03-02%2018-17-49.jpg&quot; /&gt;
&lt;h5&gt;18 heures 17 minutes et 49 secondes:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Le charbon ne connaît pas encore son cruel destin, il ne se doute de rien. Je le laisse quelques minutes s'acclimater et faire connaissance avec le papier...&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/braii/2005-03-02%2018-24-13.jpg&quot; /&gt;
&lt;h5&gt;18 heures 24 minutes et 13 secondes:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;C'est parti, le papier brûle gentiment. Le charbon doit commencer à se poser des questions.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/braii/2005-03-02%2018-27-04.jpg&quot; /&gt;
&lt;h5&gt;18 heures 27 minutes et 4 secondes:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Après être retourné quelques minutes dans la cuisine, histoire de faire croire que j'étais totalement détendu et détaché, je reviens et jubile intérieurement, tout se passe bien.&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/braii/2005-03-02%2018-32-04.jpg&quot; /&gt;
&lt;h5&gt;18 heures 32 minutes et 4 secondes:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;En 5 petites minutes, le succès se confirme: le charbon a définitivement succombé aux avances du papier allumeur, et le paiera de sa vie. Ça chauffe bien!&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/braii/2005-03-02%2019-08-06.jpg&quot; /&gt;
&lt;h5&gt;19 heures 08 minutes et 6 secondes:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Les puristes vont hurler: un papier aluminium sur la grille, même un peu rouillée, sacrilège. J'ai tenté de m'opposer à cette ineptie, mais devant l'impératif d'hygiène posé comme ultimatum par mes amis d'outre Atlantique, j'ai dû faire une concession. Se rendant compte de l'effet désastreux de leur caprice, ils m'ont ensuite rapidement laissé libérer la grille de son joug.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nb: au fond à droite, vous aurez bien sûr reconnu ma &quot;broewors&quot;, saucisse du fermier sans laquelle le braii n'est pas braii...&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;p&gt;La suite se passe de commentaires, le résultat est édifiant:&lt;/p&gt;
&lt;img style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://julien-carnot.net/cape-town/public/braii/2005-03-02%2020-24-48.jpg&quot; /&gt;
&lt;p&gt;Bref, une bonne soirée, et ne vous inquiétez pas, une photo de groupe des colocs est prévue lors de la prochaine, ça viendra! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Small steps, big differences</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/02/28/42-small-steps-big-differences</link>
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    <pubDate>Mon, 28 Feb 2005 08:09:06 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>La vie après la fac</category>
            
    <description>&lt;p&gt;C'est le slogan du &lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt;, l'ONG phare d'UCT depuis 1943, qui mène plusieurs projets dans les townships voisins. Ce semestre, j'ai fait ce que j'aurai dû faire le semestre dernier, je me suis inscrit comme volontaire.&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;A l'origine...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;À l'origine, le &lt;a href=&quot;http://www.shawco.org&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;&lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt;&lt;/a&gt;, c'est un étudiant en médecine qui bosse comme ambulancier pendant les vacances pour payer ses études et qui décide de ne plus supporter ce qui fait son quotidien dans les bidonvilles. Avec une professeur, il monte une clinique. Depuis 63 ans, les générations d'étudiants d'UCT se relaient pour améliorer le quotidien dans les townships, pour partager leur chance d'être du bon côté de la barrière dans ce pays.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce sont en tout plus de 700 étudiants, 4 centres dans les townships, quelques travailleurs sociaux permanents, plusieurs bus pour acheminer les volontaires dans les townships, un budget qui se compte en millions de rands, pour 8 projets allant des jeux pour les plus jeunes, l'éveil écologique, l'alphabétisation ou encore, la prise de contact avec les outils informatiques. Avec à chaque fois l'ambition de donner à ceux qui n'ont rien ou pas grand-chose des perspectives, des outils pour sortir de leur situation.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Inscription et formation&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Pour être volontaire, il ne suffit pas d'être...volontaire! Contrairement à ce que je pensais, il n'y a qu'un nombre limité de postes à pourvoir, et bonne nouvelle, cette année il y a eu plus de 800 candidatures pour 550 postes de volontaires. Après l'inscription, il a donc fallu passer un entretien, histoire d'éviter les erreurs de casting. Ceux qui ont été retenus ont ensuite été convoqués samedi pour une demi-journée d'introduction et de formation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'ambiance est à la fois détendue et sérieuse, &lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt; nous fait signer un vrai contrat, pas d'engagement à la légère... Parmi les étudiants responsables, je reconnais ma partenaire d'exposé de politique du semestre dernier, chargée des ressources humaines de l'organisation. Ils ont tous une motivation énorme, on sent une énergie et une sincérité à la hauteur du sérieux dans la gestion, cette organisation étudiante est vraiment pro!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Après l'introduction, on se sépare selon nos projets, pour en savoir un peu plus sur nos missions. Pour &lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt; &lt;acronym title=&quot;Information Technology&quot;&gt;IT&lt;/acronym&gt;, le projet pour lequel je me suis porté volontaire, l'objectif est de donner aux jeunes de Khayelitsha, un bidonville à l'est de Cape Town, l'opportunité de se former à l'informatique et de leur permettre de découvrir par là de nouveaux horizons...&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Un environnement d'intervention rude&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Vient ensuite le briefing sur l'environnement dans lequel on va travailler. Khayelitsha, qui veut dire &quot;nouvelle maison&quot;, est l'un des derniers bidonvilles à avoir été créé par l'apartheid dans la région, il a été aménagé en 1985. A la base, il était fait de petites maisons en dur, deux pièces de quelques mètres carrés, sans sanitaires, dans lesquelles des familles nombreuses devaient s'entasser.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rapidement, les espaces entre les maisonnettes ont été comblés par des &quot;matchbox houses&quot;, littéralement des &quot;maison-boîtes d'allumettes&quot;, pour accueillir la famille étendue ne trouvant aucune perspective à la campagne. Pour ce qui est de la démographie, personne ne peut donner de chiffres précis, mais en 1996, on comptait plus de 400 000 habitants. Non, je ne me trompe pas d'un zéro ou deux. Et depuis, quelques dizaines de milliers de personnes ont dû les rejoindre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Connu pour être une zone chaude de la région, Khayelitsha n'a pas vraiment bonne presse. Et c'est vrai que ce nom revient régulièrement dans les faits divers, les meurtres, les viols, les disparitions d'enfants. Pas question pour un volontaire d'y venir en voiture, à moins de vouloir repartir à pied. Mais les étudiants du &lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt; sont toujours bien accueillis et le fait d'y aller en bus et en groupe est rassurant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Toujours pas de sanitaires dans la majorité des cas, la tuberculose prolifère, et le sida fait des ravages, plus qu'ailleurs: selon les estimations, 39% de la population est &lt;acronym&gt;HIV&lt;/acronym&gt; positif. Dans les écoles, les élèves sont entre 50 et 60 par classe; les instits ne peuvent même pas connaître les enfants, qui auraient pourtant bien besoin de suivi, devant faire face à la pauvreté tous les jours, beaucoup devant arrêter l'école pour s'occuper de leurs frères et s&amp;#339;urs si les parents sont décédés ou alcooliques.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;&lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt; &lt;acronym title=&quot;Information Technology&quot;&gt;IT&lt;/acronym&gt;, mon projet...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Du coup, notre public, composé de jeunes en âge de passer le &lt;em&gt;matric&lt;/em&gt;, diplôme du secondaire, aura entre 12 et 25 ans, certains reprenant l'école très tardivement, dès qu'ils ont le temps et les moyens de payer l'inscription. Beaucoup d'entre eux n'auront jamais vu un PC de leur vie, mais d'après les responsables du projet, nos participants, venant de leur propre initiative, sont la véritable élite du township, même si certains n'en sont jamais sortis. Il faut s'attendre à voir des progressions hallucinantes en quelques heures.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le centre &lt;acronym title=&quot;Students Health and Welfare Centres Organisation&quot;&gt;SHAWCO&lt;/acronym&gt; de Khayelitsha dispose de 30 ordinateurs, une session de deux heures étant prévue chaque après-midi et le samedi matin, avec à chaque fois 30 participants accompagnés par 15 volontaires, des bonnes conditions de travail. Nous avons à notre disposition un programme à suivre, pour leur faire maîtriser windows, word, excel et powerpoint. L'occasion pour moi d'apprendre à me servir d'un tableur, ce que je n'ai jamais fait! La connexion internet devrait arriver avant la fin du semestre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;À la fin de cette demi-journée, on partage la motivation des responsables: un encadrement pro, un projet que je trouve intelligent et qui fera peut être la différence pour les participants, j'ai hâte de commencer. Et je suis persuadé, comme le disent tous ceux qui en ont déjà fait l'expérience, que j'apprendrai deux fois plus que ce que je pourrai leur apprendre!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Première session dans la semaine du 7 mars, comptez sur moi pour vous raconter!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Opening Cruise Party</title>
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    <pubDate>Sat, 26 Feb 2005 13:47:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>La vie après la fac</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Première navigation de l'année, et pour fêter ça, une petite soirée! Au menu, planche à voile et dériveur sur un grand étang...&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Direction Zeekoevlei&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Pour les membres du yacht club, les vendredis après-midi sont réservés à la navigation. Le club est basé sur une grande réserve d'eau douce à une quinzaine de kilomètres au sud de la fac. Je fais le trajet avec les autres nouveaux inscrits, dans la voiture de l'un des piliers du club. En arrivant, je découvre que ce grand lac est aussi une réserve ornithologique et que le paysage est vraiment sympa, il y a des roseaux partout sur les rivages. Et en plus, il y a du vent, 20 noeuds un peu irréguliers, 5 ou 6 kitesurfers sont déjà dans l'eau, d'autres préparent catamarans, planches et dériveurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Rassuré de voir que tout le monde n'a pas de combinaison sur l'eau (je suis équipé d'un short), je donne un coup de main pour gréer un ou deux dériveurs, le temps de décider sur quoi j'allais tirer mes premiers bords dans l'hémisphère sud, et aussi de faire un peu connaissance avec les autres.&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;A l'eau!&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Finalement, je me décide pour un petit tour en Laser (l'original), moi qui n'en ai jamais fait et dont l'expérience en dériveur se résume à quelques sorties en Laser 13 club et un essai ou deux de Laser 2000 si mes souvenirs sont bons, jamais en solo. Premier bord, tout va bien, ça avance ces petites bêtes! Premier virement, premier dessalage, l'écoute s'est coincée! L'eau est... chaude! On ne doit pas être loin des 25°...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Mais elle est aussi verte, et quand je dis verte, ce n'est pas turquoise... Ça serait plutôt kaki! Enfin bon, l'étang n'est pas très profond, 2 mètres et quelques au milieu et pas de vase. Et d'après les plus anciens, personne n'en est ressorti malade! Par contre, ce n'est que dans la soirée que j'ai appris que lors de la vidange annuelle, il y a quelques années, on y avait trouvé 16 cadavres... Après quelques allers-retours, je me rends compte que je manque un peu d'entraînement, les cuisses et les abdos sont bien sollicités au rappel!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pause, le temps de discuter un peu... Et de voir qu'une planche est dispo: F2 axxis 255 et voile Gaastra MW 5 en 4,9m² pour les connaisseurs, le matos a bien 10 ans mais bon, passé la phase de réglage et de réadaptation, je me régale... Il n'y a pas à dire, quel plaisir de ne pas avoir de néoprène sur soi! Après quelques bords, c'est le moment de la troisième activité de la journée, la natation: un laser a perdu son gréement, et le temps de le remettre en route, la planche a bien dérivé... Encore quelques bords en planche, puis je rentre au club pour laisser le matériel au suivant. Et là, les regards, un peu supérieurs au début (on est quand même dans un yacht club, un petit nouveau doit faire ses preuves), ont changé... On me demande où j'ai appris à faire de la planche, et si j'en fais aussi en mer, ce qui est ici considéré comme l'indicateur d'un bon niveau...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un dernier tour en Laser, histoire d'être sûr d'être lessivé à la fin de l'après-midi. Le soleil descend, l'air fraîchit, et pour la première fois, ce sont les litres d'eau que l'étrave m'envoie au visage qui me réchauffent, et pas l'air! La lumière est sympa, le décor sous le vent (Table Moutain et Devil's Peak) est superbe, et je me rends compte qu'au vent, vers le sud, je vois le cap, le vrai...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Une bonne douche chaude plus tard, on me propose un petit tour en bateau à moteur sur le lac... Why not? En passant entre les roseaux, on aperçoit des baraques luxueuses avec comme jardin 50 m² de pelouse et l'étang. Chaque maison a son petit ponton et son dériveur... La vie est dure, à quelques kilomètres à peine des bidons-villes!&lt;/p&gt;


&lt;h5&gt;Party time!&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Retour sur la terre ferme, il doit y avoir 70 personnes autour du hangar, les bateaux rentrent, la fête commence... Le bar du yacht club est ouvert et bien encombré! A 20 heures, après quelques verres et quelques hot dogs, le rituel doit être célébré: chaque année, quand la saison commence, un vieux bateau déclaré irréparable est détruit puis brûlé... Cette année, c'est un Fireball qui, ironie du sort, partira en fumée. Perso, les destructions de bateaux me font toujours un peu mal au coeur, je suis sûr qu'il aurait pu faire encore quelques saisons, mais bon, le nouveau venu ne peut s'opposer au rituel!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un peu plus tard, 21h45, un minibus affrété par le yacht club nous ramène vers UCT, et me dépose à deux pas de la maison... Inutile de vous dire que j'ai bien dormi!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour les photos, c'est par &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/julien-carnot/sets/72157614777693835/&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>L'auberge Cape Townienne</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/02/24/40-lauberge-cape-townienne</link>
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    <pubDate>Thu, 24 Feb 2005 08:43:09 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Vivre à Cape Town</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Voilà, je crois avoir croisé tous mes colocs au moins une fois! &lt;img src=&quot;/themes/default/smilies/wink.png&quot; alt=&quot;;-)&quot; class=&quot;smiley&quot; /&gt; On est donc 11! Et pour l'instant, je dois dire que je suis bien content de mon choix d'aller dans une maison plus grande, avec plus de monde...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Même si l'ambiance du semestre dernier n'était pas mauvaise (elle devenait même sympa les dernières semaines), il manquait un petit truc pour que l'on fasse plus que partager une cuisine en préparant chacun son petit repas dans son coin... Ici, ça a l'air de partir pour être vraiment sympa: même si l'on passe pas mal de temps dans sa chambre, dès le premier soir, on s'est fait un petit film dans le salon. Autre bon indicateur, la cuisine est presque trop petite: on y est le plus souvent plus de 6, les discusssions débordent du repas, bref, il y a un bel embryon de vie sociale. Pour vous dire, samedi soir, on est tous allé à une fête d'anniversaire d'un autre étudiant étranger, lundi soir, on a même fait des courses pour manger des tacos ensemble, et mardi, on était plus de 20 à la maison pour une soirée pizza!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et ils viennent d'où? 100% hémisphère nord, ce qui était prévisible... Anna est islandaise, Emily, Jen, Carrie, Aron et Jon états-uniens, Ewy est hawaiien (il y tient), Robert et Waldemar sont allemands, Sean est canadien. Je ferais des présentations plus développées plus tard!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Gros problème par contre, Jon voulait avoir une française comme &quot;housemate&quot; pour bosser son français, mais passé quelques minutes de déceptions, il n'a pas renoncé à son objectif: parler français! Pire, il s'en tire plutôt bien, je n'ai jamais entendu un étudiant américain avoir un tel niveau in &quot;Molière's language&quot;. Loin d'énerver les autres, il les a stimulé: ce fut au tour d'Emily d'annoncer qu'elle avait passé un semestre en France il y a quelques années, provoquant ainsi un sursaut d'orgueil de nos voisins d'outre-Rhin, qui se débrouillent également... Et moi qui ai besoin de parler anglais, je fais comment??? Finalement, j'ai dû me forcer à répondre systématiquement en anglais, avant de prendre des mauvaises habitudes!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout cela pour vous dire qu'à la maison, tout se passe plutôt bien et c'est tant mieux!&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Mes cours (bis)</title>
    <link>http://julien-carnot.net/cape-town/post/2005/02/22/39-mes-cours-bis</link>
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    <pubDate>Tue, 22 Feb 2005 08:30:22 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Jul</dc:creator>
        <category>Étudier à UCT</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Après la rentrée hier, maintenant que je suis bien inscrit, je peux vous dire ce que je vais faire ce semestre! Au menu, science politique, histoire et... religious studies!&lt;/p&gt;    &lt;h5&gt;Bien inscrit...&lt;/h5&gt;

&lt;p&gt;Il y a quand même eu quelques galères d'inscription: à l'origine, je voulais prendre un cours de troisième année, et un cours de 5e année, &quot;postgraduate&quot;, correspondant à ce que je veux faire en revenant à Paris et, sauf changement, professionnellement: Public Management. A priori, rien de choquant, les étudiants de Sciences Po qui m'ont précédé l'ont souvent fait au second semestre, lors de la pré inscription, personne n'y voyait d'objection, il suffisait que le département de politique donne son accord. Seulement, ce qui était possible il y a peu ne l'est plus, visiblement: n'ayant pas de diplôme du supérieur à proposer au département, ma candidature a été rejetée... Tant pis!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Du coup, je me suis retrouvé avec une inscription pour le seul cours d'histoire de troisième année, ce qui vous en conviendrez, ne m'occupera pas tout un semestre! Interdit de cours postgraduate en politique, je me suis donc rabattu sur deux autres cours de troisième année, ce qui me fera cette fois 18 points au lieu de 20 (au passage, le dépassement du seuil de 15 points n'est pas grave, il semblerait que tous les étudiants étrangers qui viennent un tant soit peu pour travailler soient dans mon cas, et personne ne semble pouvoir dire avec certitude en quoi consiste la charge normale de l'étudiant lambda, qu'il faut que j'atteigne).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voyons ça dans le détail:&lt;/p&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HST329F ENVIRONMENTAL HISTORY:&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
3 lectures per week, at least 8 tutorials. &lt;br /&gt;
Convenor: Dr L van Sittert. &lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Course outline:&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;
The course will provide students with an introduction to the new and rapidly expanding field of environmental history with case studies from the 19th and early 20th century Cape Colony/Province. &lt;br /&gt;
Topics to be covered include: human transformation of the pre-colonial environment, economy and environment; constructions of nature, climate and racial fitness; game extermination and preservation; pastoralism and pastures; alien invaders, irrigation and fencing; disease and space in the new urban environment and the state in nature.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;REL337F RELIGION, CONFLICT AND VIOLENCE&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
4 lectures per week.&lt;br /&gt;
Convenor: Dr S Shaikh.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Course outline:&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
This course examines the role of religion in social conflict and violence in local, national and international contexts. Against the background of theoretical definitions of violence as direct physical harm, the violation of humanity, or illegitimate force, the course develops case studies in religion and conflict, with a particular focus on religion, conflict and violence in South Africa.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;



&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POL337F POLICY AND ADMINISTRATION&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
4 lectures and 1 tutorial per week.&lt;br /&gt;
Convenor: Associate Professor A Butler.&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Course outline:&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
The first section of the course explores the origins and implications of fragmentation in South Africa's governmental machinery, and investigates some of the current government's initiatives in policy making and implementation using case studies in the areas of energy, water, and environmental management policy. The second part of this course offers a comparative review of public sector reform and issues in public management.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Comme vous le voyez, ça me fait un petit cocktail qui je l'espère sera sympa. Un cours de moins qu'au premier semestre, mais que des cours de troisième année, la charge de travail ne devrait pas trop bouger, mais il y aura un peu plus de temps pour approfondir chaque cours... Si mes calculs sont bons, ça doit faire 10 heures et 15 minutes de cours par semaine, ce qui me laissera aussi du temps pour des activités un peu extra scolaires!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;D'ailleurs, je dois vous informer que je suis maintenant membre du &lt;a href=&quot;http://sportsclubs.uct.ac.za/yacht/default.htm&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;UCT Yacht Club&lt;/a&gt;, la classe non? Je vous vois venir, pas besoin de me donner du Sir Carnot dans vos prochains commentaires! Ce club de voile, à l'adhésion gratuite pour les étudiants du programme de semestre à l'étranger fournit matos et leçons (si on en veut) de planche à voile (d'après ce que j'ai entendu, du matos millésime 1995 mais bon, on ne fera pas la fine bouche), de dériveur (laser et sprogs), de catamaran (hobbie 16, quand tu nous tiens) et de voilier (&lt;a href=&quot;http://sportsclubs.uct.ac.za/yacht/photos/lipton_2004/lipton_cup_2004_04.jpg&quot;&gt;L26&lt;/a&gt;, un quillard de 26 pieds) basé au Royal Cape Yacht Club, sur le Waterfront, ce qui est plutôt sympathique! Et nouveauté de l'année, une activité kite surf, à laquelle je ne suis vraiment pas sûr de participer, une petite voix intérieure me disant: &quot;trop casse-gueule&quot;! Enfin bref, de quoi s'oxygéner un peu les neurones!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A part ça, pas grand-chose de neuf sur le front universitaire, en attendant que les cours commencent vraiment après les introductions...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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